samedi 5 juin 2010

Carré blanc sur fond bleu - Revue In-Fusion

In_fusion___Bretagne Le 4ème numéro de la revue In-Fusion vient de paraître, consacré à la Bretagne. J'y publie un texte intitulé Carré blanc sur fond bleu.

Au sommaire :
 
Les Chroniques
: Keltoum Bessadok (Téléssonne), Jean-Marie Decorse (La Dépêche du Midi), Jean-Luc Romero (Conseiller Régional d’Ile-de-France), Alain Le Roux et Nathalie Croisé Bâ (BFM Radio).

Bretagne :
Des textes de : Marylise Lebranchu, Kofi Yamgnane, Irène Frain, Yann Queffelec, Roland Jourdain, Pierre Jakez-Hélias et Yvon Le Men mais aussi un entretien avec Yvan Le Bolloc’h par Elisabeth Robert et la chanson d’Yvan Le Bolloc’h « Les Gens du Voyage ».

Littérature :
Des textes de : Grand Corps Malade, David Abiker, Marc Villemain, Tristane Banon, Abdourahman Waberi :

Entretiens :
Roland Jourdain par Charlotte Beaune
Rencontre avec Mariana Ramos par Sophie Guichard
Rencontre avec Pascal Légitimus par Marion Thuillier
A bâtons rompus avec Arnaud Gidoin par Axelle Szczygiel

La revue est disponible au prix de 12 euros. Passer commande à : Revue In-Fusion - 20, rue Pierre Boudou 92 600 Asnières.

Le site de la revue : In-Fusion.org

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samedi 13 février 2010

100 monuments / 100 écrivains - Histoires de France

100_monuments_100__crivainsÉditions du Patrimoine - Décembre 2009
Préface de Frédéric Mitterrand, Ministre de la Culture & de la Communication

A l'initiative d'Adrien Goetz et du Centre des Monuments Nationaux, les éditions du Patrimoine ont entrepris de faire prendre la route à 100 écrivains pour un tour de France des monuments.

Ainsi ai-je eu le plaisir d'aller revoir l'abbaye Saint-Sauveur de Charroux, dans la Vienne, classée parmi les plus grandes et les plus extraordinaires abbayes de la chrétienté médiévale.

Visite qui m'a donc inspiré la fantaisie qui suit...

Le coq, le crapaud et les cinq vierges

DSC_0971" D'où l’on sait que le coq a fait l’œuf et que le crapaud l’a couvé, d’où l’on ignore ce que les cinq vierges en ont fait mais d’où l’on sait qu’il en manque une.

*

Ce jour-là qu’à Charroux l’on célébrait les ostensions sous un soleil de plomb, un coq et un crapaud déambulaient à l’ombre des vieilles halles. Un jeune basilic, dont il se raconte ici qu’il aurait été conçu hors les liens du bon sens par le batracien et le gallinacé unis, folâtrait et farandolait dans leur sillage, tel un jeune enfant ignorant de ses pouvoirs et désireux de communier à la liesse du vieux pays charlois. Car de partout l’on venait, tous les sept ans, afin d’honorer le Christ-Juge et de soigner, qui ses coliques, qui ses eczémas, qui ses vilaines humeurs, de Genouillé à Saint-Romain, de La Chapelle-Bâton à Confolens, et de plus loin encore, de la ville, de Poitiers, d’Angoulême, de Niort ou de Limoges. Le coq et le crapaud tournaient le dos aux villageois avec orgueilleuse ostentation, n’ayant de préoccupation que familiale et de soucis domestiques, enfin laissant notre jeune basilic se lover contre les pierres chaudes et mollir à son aise entre les herbes sensuelles.

DSC_0959Non loin de là, cinq vierges devisaient sur un banc. L’on devinait à leurs figures agitées colloque de la plus haute importance, et il n’était pas jusques à leurs mains qui n’offraient à l’œil un peu attentif spectacle des plus étranges. L’une d’entre elles tenait en effet un petit œuf, pas plus gros qu’un calot de terre ou que le bel anneau du pasteur. Les audacieux qui s’en approchèrent rapportent qu’il était immaculé, pour ainsi dire transparent. De sorte que, la lumière le traversant, d’aucuns y virent distinctement le squelette imparfait d’un petit ver auréolé d’une lueur très simple et très blanche. Cette vierge-là contemplait l’œuf en souriant et le faisait rouler d’une paume à l’autre comme si ses mains s’en trouvaient enflammées. Quand d’un coup sec elle le brisa, extirpa le petit basilic de ses bons doigts de paysanne, et le plaça sous les lèvres de ses sœurs afin qu’elles y déposent à tour de rôle un baiser délicat. Il y avait de l’amour dans ce geste, de la joliesse et de la gaieté. Quand un cri transperça le ciel, si acéré qu’il en recouvrit le Confiteor dont l’air était empli, et une clameur s’éleva qui ne semblait point venir d’aucune source connue. Villageois et pèlerins, touristes et paroissiens, tous les agenouillés du beau milieu de la petite place Saint-Pierre se levèrent comme un seul homme. Le bon évêque venu de Limoges stoppa net son office et demeura coi, avec ses bras tendus comme pour une offrande et ses mains tournées comme vers le Très-Haut. à sa suite, les fidèles invoquèrent Charlemagne et se groupèrent au pied de la tour qui porte son illustre nom : tous montraient du doigt les cinq vierges folles, les plus éberlués se signant à l’aide des petites croix qui leur pendaient au cou. « Par Saint-Mathieu ! » soufflait-on de toute part en voyant ce qu’on voyait. Un coq, un crapaud, un basilic et quatre fortes demoiselles marchaient en file, tous regardant droit devant eux, et au pas de l’oie suivant une rampante jeune fille à la chair d’écaille, sa haute figure auréolée d’une lueur très simple et très blanche. "

Photos personnelles.

dimanche 3 janvier 2010

Dominique Maraval s'en est allé

Dominique_Maraval

J'ai peu connu Dominique Maraval. Mais je me souviens de deux soirées passées dans son atelier, en compagnie de Charles et Michelle, lui-même entouré de bien d'autres amis. J'ai souvenir d'un grand gaillard extraordinairement vivant, viscéral, farceur et généreux. Mais de son regard toujours pétillant, il ne cherchait jamais à dissimuler la part de gravité. C'était, pour cela aussi, une personnalité très attachante.

Maraval m'impressionnait beaucoup. Le bonhomme avait beau être plein de verve et de gentillesse, émanaient de lui une telle vitalité, une telle puissance, son rire était tellement franc que, sans le savoir ni le vouloir, lui qui semblait si doux, il dominait son monde et son espace. Je me souviens qu'il s'était assis en face de moi, avait rempli mon verre, et que nous avions parlé de politique, de la gauche bien sûr, et de littérature un peu. La spontanéité de ses colères désarçonnait, mais il mettait beaucoup d'application à raisonner, à s'appuyer sur ses expériences, sur l'histoire, à convaincre. Il fonctionnait par sourires et clins d'œil, curieux de l'autre, soucieux de le mettre à l'aise, finissant toujours par chercher à recouvrer quelque chose du fil de l'amitié.

L'artiste m'impressionnait davantage encore. Ce qui me frappa, lorsque pour la première fois je vis ses peintures, ces immenses panneaux dont son atelier se bariolait, c'était le décalage apparent entre l'œuvre et le peintre. Dans ses peintures on ne distingue plus rien du farceur mais seulement l'homme intérieur, celui qu'habite le désordre contemporain. J'ai immédiatement admiré ces immenses fresques dont on aurait dit qu'elles étaient comme le champ de bataille du monde. Très lyriques, dotées d'un sens très singulier de l'équilibre et de la géométrie, elles inspirent immédiatement quelque chose d'à la fois très charnel et très historial. Dans ses toiles, on retrouve toujours quelque chose de la matière du monde.  

Dominique_Maraval___Palais_royalPour retrouver le farceur, il fallait se tourner vers ses sculptures, dont je n'ai pas trouvé ailleurs d'équivalent. Il y avait du jeu, beaucoup de jeu, dans cette manière qu'il avait de mettre en scène tous ces personnages. Je pense que, lorsqu'il sculptait, Maraval devait rire de ses bons tours. Et, en même temps, si la facétie attire tout de suite l'œil, demeurait toujours quelque chose d'attendrissant, et d'allégorique, dans ses petites sculptures étonnamment modernes et atemporelles. 

Je répète que je l'ai peu connu. Que tout ce que je dis là se fonde sur quelque chose de très impressionniste, qui paraîtra peut-être saugrenu à ses proches. Je l'ignore. Mais je tenais à saluer la mémoire de ce très grand artiste, et à évoquer ces maigres et modestes souvenirs personnels, maintenant qu'il est parti, une heure seulement après que l'année 2010 aura sonné. Et a transmettre à sa famille, à ses proches, à ses amis, nombreux, mes pensées les plus vives. 

Visiter le site de Dominique Maraval

dominiquemaraval04hd

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jeudi 3 décembre 2009

Le coq, le crapaud et les cinq vierges

 

100 monuments 100 écrivains

C'est sous ce titre que j'ai apporté ma contribution à un ouvrage original qui paraît ce jour : 100 monuments 100 écrivains - Histoires de France, aux éditions du Patrimoine (Centre des Monuments Nationaux).

Le coq, le crapaud et les cinq vierges est une fable qui m'a été inspirée par l'abbaye de Charroux, monument dont j'avais donc la charge pour ce livre. Il est probable qu'elle surprenne, non seulement les spécialistes, mais les habitants même de Charroux : c'est là toute l'originalité de ce beau livre, par ailleurs superbement illustré, que d'avoir laissé toute liberté à cent écrivains qui, chacun à leur manière, ont donc pu s'approprier les grands monuments de l'histoire de France.

100 monuments 100 écrivains - Histoires de France (Sous la direction d'Adrien Goetz) Prix : 80 € - 488 pages - 850 illustrations

lundi 2 novembre 2009

Claire le Cam ou l'omniprésence du corps

Claire Le Cam - Phasmagoria


P
hasmagoria
. Si je ne m'abuse, c'est le troisième recueil de Claire Le Cam, qui, il n'y a pas si longtemps encore, œuvrait au sein de la petite famille des 7 Mains.


Claire creuse peu à peu son sillon dans le champ de la poésie contemporaine ; aussi ai-je plaisir à signaler la parution de son nouveau livre, que l'on trouvera en librairie, cela va de soi, ou directement auprès des éditions isabelle sauvage, en leur adressant le bon de commande que vous trouverez  en cliquant IciEtPasAilleurs.

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dimanche 20 septembre 2009

Encore elle ?!

Incidemment, ici, Géraldine Bouvier reprend du service. Et qu'on n'en parle plus !

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lundi 29 juin 2009

Les 7 Mains : c'est la fin

Banni_re_verte
C'
était hier la fin du blog Les 7 mains, lancé le 16 février dernier avec quelques compères : Claire Le Cam, Emmanuelle Urien, Jean-Claude Lalumière, Fabrice Lardreau, Stéphane Beau et Bertrand Redonnet.


Le blog reste toutefois en ligne - accès direct ici, pour celles et ceux qui le découvriraient avec quelque retard...

Surtout, Emmanuelle Urien, Stéphane Beau et Bertrand Redonnet lui donneront prochainement une suite, ailleurs, et à leur manière. A suivre, donc. En leur souhaitant le meilleur.

vendredi 24 avril 2009

En passant devant...

Il faisait son Figaro en terrasse du Flore et s'en prenait au Monde à celle des Démagos.

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jeudi 23 avril 2009

Sigh no more, ladies...

J'en connais une que cela fera sourire... Nous avons nos faiblesses, celle-ci fait partie des miennes...

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jeudi 12 mars 2009

Bloggeurs, le Top 9

Paru dans le magazine Technikart - Mars 2009

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Ils écrivent sur Internet, ce qui ne les a pas empêchés de le faire aussi dans de vrais livres avec de vraies pages qu'on tourne. La blog sélection de "Tech".
Marc Z. Danielewski, L'amerloque ; Eric Chevillard, Le gallinacé ; François Bon, Le Pionnier, Pierre Assouline, L'institution ; Claro, Le stakhanoviste ; Anna Sam, La caissière ; Marc Villemain, L'inventif ; David Foenkinos, Le roi des salons ; Chloé Delaume, La geekette.


VILLEMAINm_OpalJF_29490_18MARC VILLEMAIN, L'INVENTIF

Écrivain et chroniqueur littéraire, celui-ci tenait un blog littéraire classique. Au moment où paraît son (bon) recueil de nouvelles ("Et que morts s'ensuivent"), il a l'idée de lancer un blog concept où sept auteurs écrivent en marabout-de-ficelle.
HTTP://LESSEPTMAINS.CANALBLOG.COM


ETIENNE DUCROS ET BAPTISTE LIGER

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