mardi 30 juin 2009

Et que morts s'ensuivent : Jean-Pierre Longre dans sitartmag.com

sitartmagL'inquiétante silhouette de Géraldine Bouvier
Critique parue sur sitartmag.com magazine culturel en ligne

Grand Prix de la SGDL 2009
Article de Jean-Pierre Longre


Et_que_morts_s_ensuivent
C’est à la fois morbide et drôle, satirique et tendre, terrifiant et attachant. Onze nouvelles, onze héros (ou anti-héros) condamnés à toutes sortes de morts, selon des progressions différentes mais implacables, jusqu’à l’« Exposition des corps », sorte d’appendice pseudo réaliste résumant la biographie de chacun. Parmi eux, soit dit en passant, un certain Matthieu Vilmin, dont la minutieuse description de la souffrance ne peut résulter que de l’expérience personnelle d’un certain Marc Villemain ; une certaine M.D., aussi, écrivain de son état, dont les histoires « se finissent toujours mal ». Le double de l’auteur n’est jamais loin…

La diversité des noms, des situations, des conditions sociales est contrebalancée non seulement par l’unité des destinées ultimes, mais encore par la présence constante, notoire ou discrète, d’une dame Géraldine Bouvier, témoin impavide ou actrice décisive, dont la silhouette se glisse dans les récits comme celle d’Hitchcock dans ses films. Fil conducteur comme l’est la mort, bourreau involontaire ou juge sans indulgence, Géraldine Bouvier ne laisse pas d’intriguer voire d’apeurer, par sa présence à la fois unique et multiple.

Et que morts s’ensuivent
se lit délicieusement au second degré, et c’est bien ainsi. Chaque détail biographique, chaque remarque ironique ou sarcastique, chaque procédé narratif est pesé au gramme près pour le plaisir masochiste, la délectation mortifère du lecteur. Le Grand Prix de la nouvelle, attribué récemment par la Société des Gens De Lettres à l’auteur pour son recueil, est mérité.

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jeudi 25 juin 2009

Et que morts s'ensuivent : Le Courrier de l'Ouest

Article de Jean-Paul Guéry paru dans l'édition du 23 juin 2009 du Courrier de l'Ouest (cliquer sur l'image pour agrandir).

Et_que_mort_s_ensuivent___Le_Courrier_de_l_Ouest

lundi 1 juin 2009

Et que morts s'ensuivent : sur le blog Pages à Pages

Critique parue sur le blog Pages à Pages
Pages___pages




31 mai 2009 - Par Christine Jeanney

« Apprendre une nouvelle forme de respiration, inventer les gestes nouveaux, méthodiques, précis, imaginer d’urgence un calcul qui permette d’absorber la quantité d’air qu’il faut, juste ce qu’il faut, ni trop ni trop peu, ne pas s’étrangler, épargner les côtes quand l’air pénètre et se diffuse. » C’est ce à quoi s’exerce Matthieu Vilmin, dans sa chambre d’hôpital. Vivre est difficile dans Et que morts s’ensuivent. Et mourir n’est pas simple, seulement légèrement plus rapide.

À travers onze nouvelles, Marc Villemain prend la parole. De force. Il formule des hypothèses, nous prévient lorsqu’un détail qu’il vient de préciser n’est pas utile. Nous prend à partie. Exprime son opinion, juge, tourne en dérision, accompagne, raisonne ou dénonce. Il ne se cache pas. Il se place même dans la lumière, se plaisant à user d’un style ciselé, aussi pointu que riche, aussi achevé que retors. Puis, lorsque nous sommes ébahis, hébétés par l’élégance d’un geste que l’on imaginerait volontiers habillé de dentelles, il se retourne, soudain rude : les yeux féroces et le couteau entre les dents.
C’est qu’il a décidé de jouer avec notre température, et d’insuffler un chaud et froid, un comique et tragique dans son recueil.

Sans oublier le duel, ou la danse, du couple vie/mort. Les onze personnages-titres de ces nouvelles se retrouveront posés sur sa table « d’écrivain-légiste » en fin d’ouvrage, dans la partie titrée Exposition des corps.
La mort est présente partout : « digérée » dans Anna Bouvier, hasardeuse dans Lisa Cornwell, en forme de point final dans M.D.
Elle est aussi présente à l’intérieur des corps. En devenir, cela va de soi, toute existence étant par nature forcément « périssable ». Mais Marc Villemain va au-delà, montrant des morts « effectives » dans des corps de vivants, des sortes de « morts dans l’âmes »…
« Mort dans l’âme », à l’intérieur du corps, par exemple, d’une critique littéraire renommée, « aujourd’hui disparue, [qui] a mis un terme à toutes ses activités éditoriales et ne communique plus guère que par onomatopées et grognements. »
« Mort dans l’âme » et le crâne de Jérôme Allard-Ogrovski, depuis qu’il a empoigné brutalement « les ciseaux qui traînaient par terre. »
« Mort dans l’âme » de Jean-Claude Le Guennec, amputé au fond d’un grenier rempli d’enfants…

Traversant ces nouvelles comme une danseuse de cirque, le personnage de Géraldine Bouvier se fait protéiforme. Tour à tour femme de ménage, mère de famille, infirmière, petite amie d’un fan de heavy metal, ex-femme d’un aquarelliste amateur ou simple voisine, elle sautille d’une nouvelle à l’autre, faisant, semble-t-il, une sorte de pied de nez à la Camarde…

La nouvelle Pierre Trachard est très percutante : un style plus épuré pour un décompte inéluctable et minuté :
« Il a fini sa bière, s’est rassis sur le bord du canapé et, pour la deuxième fois, coudes sur les genoux, a mis son visage dans ses mains. Ainsi est-il demeuré près de trois minutes. Il ne s’est rien passé la minute suivante. À vingt heures cinquante-neuf, il s’est levé et a pris la direction de l’escalier sportivement enjambé, renversant au passage la petite horloge de salon qui se brisa aussi net. Mille et un petits mécanismes se sont conséquemment répandus à terre, et la grande aiguille dorée, retombant sur le sol après moult circonvolutions dans les airs, a lancé sur le soir un éclat presque inespéré. »

Dernière nouvelle de Et que morts s’ensuivent, et peut-être la plus attachante à mes yeux, M.D. semble une esquisse d’autoportrait, tracée sur la buée d’un miroir :

« Donc, M.D. sera à sa table de travail. Elle relira mot à mot ces histoires qui lui tombèrent sous les doigts, s’étonnant elle-même de leur rythme, de leur sonorité, de leurs caprices, quand ce n’est pas des personnages eux-mêmes. C’est qu’ils sont si réels ces personnages, si proches. Elle se demandera si le lecteur aura conscience de la réalité fantomatique de ces personnages dans son cerveau. »…

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samedi 30 mai 2009

Entretien avec Joseph Vebret

MDL 15Lorsque le noir devient couleur - Entretien avec Joseph Vebret
Le Magazine des LivresNuméro 15, avril/mai 2009

Une écriture au scalpel qui dissèque la noirceur, ce que l’oeil du romancier est seul capable de discerner derrière les bons sentiments. Un pessimisme, qui n’est peut-être que de façade, un recul indéniable, un cynisme qui, finalement, s’il est partagé par le lecteur, donne à rire des travers de la nature humaine.

Comment l’envie d’écrire vous est-elle venue ?

Sait-on jamais comment elle nous vient… ? De manière générale, je ne crois guère aux événements fondateurs, mais bien davantage aux trajectoires, aux très lentes impulsions, à ce que l’existence dépose en nous, sous forme d’alluvions ou de sédiments. Bien sûr, je ne peux pas ne pas considérer ce qui a constitué le monde de mon enfance : mes parents étaient professeurs de lettres classiques (quoique je n’ai pas souvenir d’une quelconque injonction parentale à la lecture), et mon grand-père, Pierre Villemain, que je n’ai pas connu, était écrivain. Peut-être m’aveuglé-je en jugeant que tout cela n’est pas absolument décisif. Ce que je crois, c’est que lorsque j’ai écrit mes premiers textes, autour de mes vingt ans, il s’agissait déjà de combler un sentiment d’incomplétude. De fouiller ce qui me faisait sentir en relative inadéquation avec le monde, de creuser mon terrier, d’apprendre à habiter ma tanière. Et, je le dis sans impudeur ni affectation aucune, de m’émanciper, de mon père d’abord, de sa mort ensuite, et ce faisant de conquérir une dimension de la vie qui fût entièrement mienne. L’écriture devenant, non seulement le seul espace, mais le seul lieu où je pouvais et où je peux continuer de me sentir entier dans la solitude.

Pourquoi avoir choisi cette forme d’écriture, la nouvelle ?

Précisément, mes tout premiers textes furent des nouvelles – jamais publiées, cela va de soi. Mais j’en garde un souvenir incroyablement euphorique. Comme si j’avais enfin réussi quelque chose, quelque chose dont je prouvais, fût-ce avec une infinie maladresse, qu’elle m’appartenait en propre. S’agissant de la forme elle-même, j’avoue ne pas savoir ce qui m’y a conduit. Je pourrais, pêle-mêle, invoquer la peur du roman, mon rapport assez spasmodique à l’écriture, un certain goût pour ce que la sensation recèle de fugitif ou de provisoire, sans parler d’une certaine indolence personnelle… Ce que je sais en revanche, c’est que l’écriture des nouvelles qui viennent de paraître fut source d’une joie infiniment plus intense, et d’une certaine manière plus vraie, que mes deux précédents livres.

L’écriture est-elle chez vous une seconde peau ? Êtes-vous constamment en éveil, prenez-vous beaucoup de notes, vous astreignez-vous à une régularité ou est-ce par à-coups ?

Une seconde peau, sûrement pas ; cela serait sans doute très romantique, mais ce n’est pas le cas. Qui n’attend pas grand-chose de la vie peux bien vivre sans écrire. En revanche, je constate qu’il n’est pas une seconde, pas un instant de l’existence, que ne travaille la perspective ou la possibilité de l’écriture, pas un moment de l’existant que je ne songe à transformer en expression écrite. C’est peut-être cela, au fond, un écrivain, quelqu’un qui n’envisage et ne reçois l’existence qu’au tamis de l’écriture. Pour ce qui est de la méthode, il m’arrive de prendre des notes, oui, mais je ne m’en sers finalement que très peu. J’ai toujours sur moi le fameux petit carnet de moleskine noire, mais vous seriez bien déçu d’y découvrir tout ce qui y figure : entre deux fulgurances littéraires, vous y trouveriez la liste des courses ou le calcul de mes impôts…

Êtes-vous un grand lecteur ? Considérez-vous que la lecture doit nécessairement précéder l’écriture ?

Non aux deux questions, mais avec des nuances. J’ai toujours une lecture en cours, y compris lorsque je suis moi-même dans un temps d’écriture, mais je lis très lentement, non sans une certaine impression de labeur, presque avec un sentiment de devoir. Si je lis trois livres dans le mois, ce mois-là sera à marquer d’une pierre blanche. Surtout, et comme nombre d’auteurs sans doute, je me désole parfois de ne plus pouvoir lire avec la même innocence ravie que naguère. Bien que m’en défendant, je ne parviens plus à lire les autres sans chercher à les percer à jour, à digérer leurs formes, sans me transformer en vampire. En revanche, j’entreprends toujours de les lire avec un élan de ferveur, une forme instantanée, instinctive, d’estime et de sympathie. Je trouve toujours quelque chose à sauver dans un livre, c’est plus fort que moi. Je n’ai aucun goût, et moins encore de légitimité, pour la descente en flammes telle qu’elle se pratique en France, non sans quelque excessive gourmandise. Maintenant, quant à savoir si la lecture doit précéder l’écriture... En raison, je vous répondrai que oui, sans doute : c’est dans les musées qu’on apprend à peindre ; il n’en est pas moins vrai, si vous me permettez de poursuivre sur cette lancée, que c’est aussi en forgeant qu’on devient forgeron… Aussi, pour résumer avec autant d’exactitude que possible, disons que j’ai dû venir à l’écriture en lisant, mais que je n’écris plus guère qu’en écrivant.

Quels sont les auteurs qui vous ont façonnés ?

Vous me pardonnerez cette réponse peut-être démagogique : tous. Mieux – ou pire : tout ce qui est écrit me façonne. La lecture d’une notice pharmaceutique peut me procurer, non seulement des idées, mais des ingrédients stylistiques. Si je réponds à votre question avec toutes les références requises, je serai aussi honteusement incomplet que formidablement ennuyeux : je citerai tous ceux que, décemment, l’on ne peut pas ne pas considérer comme d’immenses maîtres, les grands génies de ce monde, inaccessibles à toute esbroufe critique. Ceux que, de manière assez désinvolte, l’on se contente de qualifier de « classiques. » Maintenant, je veux bien essayer d’affiner un peu, même si je cultive le vice et la vertu de l’hétéroclite. Pour m’en tenir à mes contemporains français, j’ai une admiration littéraire sans borne quoique idéologiquement raisonnée pour Richard Millet ; pour ne rien dire de Christian Gailly, Alain Fleischer ou André Blanchard, injustement négligé. Quelque chose me touche beaucoup dans le découragement de Michel Houellebecq, un sentiment de reconnaissance immédiate, de complicité animale, qu’il doit peut-être veiller à ne pas gâcher. Beaucoup d’autres encore, quelqu’un comme Jack-Alain Léger par exemple, que je regrette de n’avoir connu que sur le tard, grâce à ma femme. Tous, à leur manière, par d’insondables voies, me ramènent à moi, et peut-être à ce qui demeure en moi d’irrémédiablement français. Mais ce que j’aime par-dessus tout, c’est sortir de ce qui m'affaire. Moyennant quoi, je prends toujours quelques leçons désespérantes et définitives avec Juan Manuel de Prada, Richard Powers, Antonio Munoz Molina, José Saramago, Paula Fox, J.G. Ballard, Dashiell Hammett, Raymond Chandler, Donald Westlake, jusqu’à Jeffrey Deaver ou Stephen King. Je me demande juste ce que je fais de ces lectures. Ou ce qu’elles font de moi.

Avez-vous commencé un nouveau roman ?

Oui, et davantage encore. Mais c’est long, imprévisible, et jamais satisfaisant. Pour tout vous dire, j’ai pratiquement terminé un roman, deux autres font semblant de dormir sur l’établi, quelques idées macèrent dans leur coin, et j’attends un peu avant de faire paraître une réflexion sur le travail d’écriture. J’attends, en fait, d’être au point avec moi-même sur ce sujet tellement galvaudé…

Vos nouvelles sont noires, sombres, tragiques. Votre écriture mêle humour et regard anthropométrique sur les individus et la société. Une forme de pessimisme ou une façon de faire passer la pilule ?

Je ne les crois pas si noires que cela. Mais il est vrai qu’elles ne feront rire qu’à la condition de partager avec le narrateur un regard aimablement amer sur l’épopée humaine et individuelle. Je ne m’attache pas spécialement à exhumer le petit tas d’immondices et de secrets dont l’humain est aussi fait, je me borne à enregistrer notre perpétuelle tentation maléfique. Voyez-vous, je crois davantage au Diable qu’à Dieu, même si l’assertion est théologiquement irrecevable... Si le Diable a ce visage éminemment sympathique, ce n’est pas seulement en ce qu’il représente la tentation, ça c’est un truc pour la catéchèse ou les ligues de vertu, mais parce qu’il impose un retournement des certitudes, des lieux communs, du socle moral un peu stupidement collectif qui nous constitue. Jésus fut révolutionnaire, le Diable ne cesse jamais de l’être. Je suis sans doute infiniment plus français que J.G. Ballard, mais je me retrouve beaucoup dans ce que je perçois de lui. Lisant Sauvagerie, récemment, je me suis senti en très étroite communauté d’intention avec lui, avec cette espèce de gravité sociologique autour de laquelle il fait tourner ses angoisses mâtinées de drolatique et d’abattement. Ce n’est pas du cynisme, plutôt un accablement qu’il s’agit à chaque instant de dominer, et de dépasser. Maintenant, je crois en effet que je suis habité par une forme très ancienne de pessimisme historique, dont, chacun à leur manière, mes livres précédents témoignaient déjà. Pessimisme qui exprime tout autant la forme irréfléchie de mon rapport au monde qu’une méthode un peu naïve pour contourner ou ajourner le désappointement ou le malheur. J’en ignore l’origine. Cela dit, je ne souhaite en aucun cas l’identifier.

Comment traitez-vous le matériau que représente votre propre expérience, votre vécu, lorsque vous écrivez ?

Etrangement, ce recueil constitue sans doute le plus autobiographique de mes livres. Etrangement, parce que, sur le papier, Et je dirai au monde toute la haine qu’il m’inspire, mais plus encore Monsieur Lévy, était hantés par mon expérience, ils s’y nourrissaient expressément. Mais la joie évoquée plus haut à propos de ces nouvelles tient sans doute au fait que je crois avoir réussi, quasiinconsciemment, à faire du matériau biographique intime une pure matière à création. Pour autant, rien de ce qui a pu ou peut être fondamental dans ma vie n’apparaît ici ; à l’exception notoire, revendiquée, de l’histoire de ce jeune homme hospitalisé, pour ne rien dire évidemment de la déclaration d’amour qui clôt le recueil… En revanche, ont remonté à la surface de ma mémoire d’innombrables détails, anecdotes, paysages, caractères, qui apparaissent donc ici entièrement fondus, dégorgés, si je puis dire, dans la centrifugeuse à recréation.

Un personnage revient dans chacune de vos nouvelles, sous des traits toujours différents, celui de Géraldine Bouvier. Qui est-elle ?

Je ne sais pas. Un horizon, un indice, une allégorie, une obsession, un gimmick, que sais-je encore. Peut-être incarne-t-elle ce lecteur inaccessible dont j’ai besoin pour écrire, cette âme qui accompagne sans juger. Un témoin, en quelque sorte.

Et que morts s'ensuivent : Géraldine Bouvier continue de mettre le feu à la Belgique...

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Article paru dans Le Vif / L'Express, premier hebdomadaire d'information en Belgique francophone - 22 mai 2009

Enfilez sur une brochette un scoliaste, un gypaète, l’omerta et saupoudrez de quelques éphélides kymriques. Vous participez au plus grand festival de jeux de mots, de néologismes et autres réjouissances lexicales. Le titre, judicieux, Et que morts s’ensuivent donne le ton ; onze nouvelles, onze cadavres, onze corps exposés en fin de recueil, selon des épitaphes pour le moins originales. Le lecteur se régale : quand le comique gifle le tragique, la raillerie devient ingénieuse. Les invités, originaux, – un curé-conseiller vinicole, une cantatrice adepte du cannibalisme, une meurtrière occasionnelle allergique, aux rhinites chroniques ou encore une critique littéraire psoriasique victime d’une jeune romancier qu’elle a exécuté –, tous vous raviront. Mais le personnage le plus énigmatique demeure Géraldine Bouvier, sorte de muse faucheuse qui tire son fil d’Ariane à travers toutes les nouvelles. On ne peut s’empêcher d’évoquer le « langage-univers » de Boris Vian, le cirque de l’extrême digne de Houellebecq ou encore le nouveau roman quand Marc Villemain décrit « la compilation des minutes de l’existence » où rien ne se passe. Mais si ce jeune auteur est un creuset de tout cela, il reste avant tout « lui », avec sa verve grinçante et sa leçon de style, digne des grands romanciers du XIXè siècle. ©  M.-D.R

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mercredi 20 mai 2009

Et que morts s'ensuivent : Casa, Mensuel de la Maison de l'Amérique latine (Belgique)

Et_que_morts_s_ensuiventmaison_america_latinaLes nouvelles de Marc Villemain, publiées dans Et que morts s’ensuivent (Editions du Seuil), sont succulentes. Ce sont des satires sociales impitoyables, des univers diaboliques, des chroniques grinçantes, douces amères, mais toujours très réussies.

Si tout l’ouvrage est explosif, la nouvelle qui nous intéresse plus particulièrement est celle publiée sous le titre « Lisa Cornwell ». Lisa Cornwell, une des plus grandes fortunes de la planète, est enlevée par Georges Sanchez, Argentin d’origine. Sanchez fait partie d’un groupe d’idéalistes qui ont commué leur misère sociale en idéal politique.
Mais un beau jour, Sanchez en a eu assez d’observer, d’analyser ce capitalisme qui met l’Amérique latine et le monde à genoux. Il a enlevé Lisa Cornwell et... je vous invite à déguster les nouvelles de Villemain.

Jean-Michel Klopp - Rubrique Lettres des Amériques
Casa, n° 60 - Mars 2009
Site internet : http://america-latina.be/

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jeudi 14 mai 2009

Et que morts s'ensuivent : Le Soir (Belgique)

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out frais Grand Prix SGDL, l’auteur aligne onze épatantes nouvelles, contemporaines, noires de noires, drôlement tragiques, tragiquement drôles. Copines chez l’esthéticienne, critique littéraire à psoriasis, infirmière déprimée, héritière richissime, inventeur maniaque et autres voient la mort de près, amenée parfois par la curieuse Géraldine Bouvier qui apparaît sous divers aspects. (L. C.)

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vendredi 8 mai 2009

Et que morts s'ensuivent : La Lettrine

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Anne-Sophie Demonchy signe, dans La Lettrine, un article élogieux sur Et que morts s'ensuivent. A lire sur le site, ou en cliquant sur Lettrine - format pdf.

mercredi 6 mai 2009

Grand Prix 2009 de la Nouvelle

SGDL

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Et que morts s'ensuivent vient de se voir décerner, par la Société des Gens De Lettres (site), le Grand Prix 2009 de la Nouvelle.

Comme qui dirait une bonne nouvelle.

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lundi 27 avril 2009

Et que morts s'ensuivent : Lignes de fuite

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De la mélancolie à l'humour noir, du cannibalisme à la critique littéraire, ces onze nouvelles diaboliquement efficaces, suivies par une amusante « exposition des corps », explorent « l'inlassable de la mort » et de la violence à travers une brassée de personnages que l'on devine souvent, en effet, très proches de l'auteur... et peut-être le personnage récurrent de Géraldine Bouvier est-il comme une figure de lectrice (?).
Christine Genin - Lignes de fuite - Ici