mercredi 19 juin 2019

Frédéric Schiffter - Délectations moroses

Frédéric Schiffter - Délectations moroses


Schiffter, le hamster

E
n apparence, Frédéric Schiffter n’a pas changé. D’ailleurs, celui qui confessait n’avoir « aucun sens de l’existence » (cf. Traité du cafard, Finitude, 2007) réitère d’emblée : « Rumino ergo sum. » Du changement, il y en a pourtant. Mais comment passe-t-on du cafard aux délectations moroses ? Privilège de l’âge, sans doute – ce qui, du coup, rend le vieillissement autrement séduisant.

La question, donc, est : Frédéric Schiffter vieillit-il bien ? Oui, et il le sait : « En vieillissant, je deviens la caricature du type que je ne suis pas parvenu à être. Pendant cinquante ans j’ai répété mon personnage. Passé cet âge, je n’ai plus la force de jouer. » Quand on grattait sous le cafard, on pouvait entrapercevoir encore un peu de complaisance, de gratuité : le plaisir du jeu demeurait fort ; il n’en est plus question désormais, ou plus seulement, et du coup ce petit livre, loin de l’exercice de style, a tout d’un grand petit traité des pensées tristes. Mais la réussite de Schiffter tient au fait que le lire constitue aussi un exercice follement amusant. Sans doute nous rendons-nous coupables de malignité dès lors qu’il entreprend de tirer les oreilles de tel ou tel, mais, en bon misanthrope digne de sa qualification, c’est encore et toujours de lui-même qu’il est le moins dupe : « Deux sortes de fâcheux. Ceux qui, collants, dévorent mon temps. Ceux qui, absents, me rendent à moi-même. » Et s’il a la méchanceté contagieuse, il n’est jamais plus désarmant que lorsqu’il ne lui reste plus rien d’autre à faire que de contempler ce qui est. Ainsi ce mot, qu'en véritéje jalouse, adressé à celui qu’en effet l’on ne peut considérer autrement que comme un maître : « Un de mes regrets : n’avoir pas rencontré Cioran. Je ne connaîtrai pas la politesse avec laquelle il aurait tenté de me décevoir. » L’élégance est de mise. C’est chez Schiffter une constante qu’aucun trait d’humeur ne déçoit jamais.

Celui-là fait donc partie des bougons – lesquels sont toutefois bien loin de constituer une école homogène. Il y a les bougons « atrabilaires » (Jean Clair), les bougons des champs (André Blanchard), les bougons des Lettres (Jack-Alain Léger), les bougons historiques (Alain Finkielkraut) ou incorrects (Richard Millet), puis ceux dont c’est le business (Éric Naulleau) et, donc, ce type de bougon-là, nourri au lait des dandys et des sceptiques, qui assure avec expérience qu’« au bavardage pompeux des optimistes l’homme de goût préfère le radotage stylé des pessimistes. » Leur signe de reconnaissance est de faire de la bougonnerie une esthétique, un jeu et une éthique, quitte à en reconnaître (malicieusement, cela va de soi) la perspective aporétique. Ainsi nous est-il dit en page 31 qu’« il n’y a de mauvaise polémique que celle que l’on accepte d’engager », solide assertion que son exact contraire vient contrarier huit pages plus loin : « Il n’y a de mauvaise polémique que celle que l’on refuse d’engager.» Qui croire ? Que croire ? Voilà de bien vaines questions, lorsque le monde prête, non à rire (jamais), mais à sourire. Et pourquoi sourire, bon dieu, si ce n’est pour nous aider à nous accepter ? « Il faut imaginer Sisyphe heureux. Quand on me rappelle cette formule d’Albert Camus, je visualise sur-le-champ un hamster décidé coûte que coûte à faire tourner sa roue – n’en sortant que pour manger et dormir. »

Accepter le monde : non seulement à l’impossible nul n’est tenu, mais voilà que l’impossible devient de plus en plus impossible : « la barbarie c’est se mettre à l’aise partout comme chez soi », grogne celui qu’effondre l’effondrement de la civilisation. En même temps, l’évolution de l’espèce n’est pas seule en cause, il semble y avoir là-dedans quelque chose qui nous est propre : « Mauvaise traduction de la Bible. Dieu ne dit pas à Ève : "Tu enfanteras dans la douleur ! ", mais : " Tu enfanteras la douleur." » Cela n’améliore pas l’humeur, mais ça peut consoler. Le mieux donc, est de battre en retraite : « Je n’ai rien contre la société, à condition de n’y être pour personne. » Y a t-il meilleure définition de l’écrivain ? 

Enfin n’allez pas croire que le monde ne servirait à Frédéric Schiffter que de commode exutoire – pour ne pas dire de prétexte littéraire. Qu’il soit cause d’ulcères est une chose, qu’il donne suffisamment de matière en est une autre. La morosité n’est délectable que lorsqu’elle mord aux mollets du monde ; dès lors qu’il en revient, et qu’il revient à lui, c’est la force de l’écrivain misanthrope que de savoir enfin s’évoquer – tout le monde ne sait pas y faire. Cette alternance de colère mondaine et de fatigue intime est d’ailleurs tout ce qui fait la délicatesse du livre, en l’espèce un authentique petit bijou. Et, sans surprise, c’est ce retour aux origines, aux siennes propres, qui emporte la conviction. Ici, les parents rôdent. À commencer par la mère, qui n’est pas une matrice pour rien, et qui tenait le moment de la naissance du petit Schiffter « pour le commencement de sa vieillesse et pour l’événement annonciateur de son veuvage », résumant d’ailleurs l’évènement d’un expéditif « si j’avais su ce qui m’attendait le jour où je t’ai craché. » Réflexe d’autodéfense ou orgueil bien placé, l’ainsi crachouillé devra bien se faire une raison, justifiant au passage la morale du dandy (« savoir que j’étais un crachat me donna très tôt le sentiment de ma singularité »), voire trouvant motif à un désopilant réjouissement : après tout, « les moments agréables le seraient moins s’ils n’étaient mélangés à je ne sais quoi de médiocre. »

Article paru dans Le Magazine des Livres
N° 21 (hors-série), janvier/février 2010

Posté par Villemain à 09:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


mercredi 12 juin 2019

Frédéric Schiffter - Traité du cafard

Frédéric Schiffter - Traité du cafard


Intraitable cafard

Ce qu’il y a de réconfortant avec les philosophes, c’est qu’ils nous ressemblent. J’ignore si philosopher, c’est à apprendre à vivre ou apprendre à mourir : je ne suis pas philosophe. Ce que je sais, c’est que le philosophe est tout aussi encombré que nous autres, esprits faibles et prosaïques, lorsqu’il s’agit de « s’affairer dans le monde sensible », et donc tout autant sujet au cafard, disposition fort peu cartésienne s’il en est. En d’autres termes, la pratique assidue de la pensée philosophique n’exempte personne de l’état de perplexité dans lequel se tourmente le commun – voire le décuple. Frédéric Schiffter confesse d’ailleurs, dès les premières pages, qu’il n’a « aucun sens de l’existence. » L’on comprend mieux, alors, et son cafard, et ce qui finalement continue de mouvoir le bonhomme : « Lire ou dormir, deux manières, chez moi, d’opposer au monde une fin de non-recevoir. » Nous sommes quelques-uns à pouvoir nous reconnaître dans ce contemplatisme-là, et, comme Schiffter, à concevoir que l’on puisse se vivre comme « un romantique conquis par l’exotisme de la routine. »

C’est qu’il y a du dandy chez Schiffter. Ce qui rend sa prose sémillante, et parfois joueuse. À l’excès, parfois, tant son cafard, sensible, indiscutable, parfois lyrique, peut alors prêter à sourire, perdant au passage un peu de sa puissance contagieuse. Affirmer d’un trait que « l’homme est une catastrophe naturelle » ou que « l’élégance est un habit trop grand pour l’homme », nous nous en passerions bien : ce n’est pas de son niveau, et le jeu du dicton risque de nous faire passer à côté de ce que son cafard peut avoir de viscéral. L’on peut préférer, ici, un André Blanchard, dont l’authenticité est plus mordante, ou moins ornée. Encore une fois, le diariste ou l’aphoriste mélancolique n’est jamais aussi bon que lorsqu’il retourne les armes contre lui. Alors Schiffter excelle, et son humour un peu désespérant tombe avec une tout autre justesse : « Mes moments perdus me consolent du temps que l’on me vole. » L’être amer a la lucidité à fleur de peau, il éprouve « la finitude de tout avec le flegme d’un écorché vif. » Et se dénoue dans de prometteuses saillies, moins contradictoires qu’il y paraît : « Le drame des types comme moi qui ne veulent pour rien au monde être pris au sérieux, est, justement, qu’on exauce leur vœu. »

Frédéric Schiffter, Traité du cafard - Éditions Finitude
Article paru dans Le Magazine des Livres, n° 4, mai/juin 2007

Posté par Villemain à 16:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

mercredi 29 mai 2019

Mado lu par Sophie Pujas (Le Point)

18876546lpw-18885100-article-jpg_6239973_660x281


Lire l'article sur le site du Point, 27 mai  2019

Mado et Virginie n'ont pas 15 ans. L'âge de toutes les sauvageries. Amies depuis l'enfance, c'est ensemble qu'elles vont découvrir le désir. Et la passion, aux allures de brève utopie, de parenthèse aussi périlleuse qu'enchantée. Virginie se laisse tout entière subjuguer par l'imprévisible et incandescente Mado. Couve un vent de tragédie – de celles que l'on porte en soi. Devenue une adulte sans joie, mère d'une petite fille qu'elle ose à peine aimer, Virginie ressasse ces mois brûlants. Que s'est-il passé pour qu'elle perde Mado, et que celle-ci demeure son unique et insurmontable amour ? « Au fond, je me contrefiche de me souvenir. D'ailleurs, je ne crois pas aux souvenirs, nous sommes bien trop doués pour les truquer. Non, je cours après des sensations dont je connais l'arrière-goût et que, pourtant, je sais perdues, une ribambelle d'instants heureux et fugitifs, du bonheur en moignon – ma seule mémoire véritable. » Périlleux exercice que de donner voix à l'extrême jeunesse et à sa folie. Marc Villemain raconte en orfèvre cet éveil des sens, cette initiation à haut risque, avec un sens aigu du détail impressionniste et capital, de la sensualité des paysages comme de la brutalité des caresses. Somptueux.

Sophie Pujas

Posté par Villemain à 11:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

dimanche 26 mai 2019

Marie Van Moere - Mauvais oeil

Marie van Moere - Mauvais oeil


Une certaine douceur rebelle

Si j'ai, au fil des ans, un peu délaissé les domaines du polar et du roman noir, je dois dire que ce nouveau Marie Van Moere, qui fait suite à l'excellentissime Petite louve, me donnerait plutôt l'envie d'y retourner. Rien de plus aventureux que de chercher à synthétiser ses impressions de lecture, pourtant je me risquerai à dire - certes à l'aune de deux seuls romans - que son écriture déploie concuremment deux très belles qualités : une certaine douceur rebelle, attentive, sensible, empathique, et une nervosité, une rage, une manière de s'obstiner au dur et de mordre - un peu à la façon d'un jeune chien qui refuserait de lâcher son os. À l'instar de son précédent roman, Mauvais œil s'acharne à dire les lois, la brutalité et l'avidité du sous-monde corse et mafieux sans que faiblisse jamais une attention aux êtres, à leurs fragilités, à ce qui les assaille, conférant ainsi à cette littérature au registre assez balisé et à ses protagonistes, hommes et femmes que tout concourt à classer parmi les « durs », une part discrète mais constante, mais puissante, de délicatesse enfouie, voire douloureuse. C'est ce qu'on aime dans la littérature « de genre » lorsqu'elle est réussie : cette liberté paradoxale qui consiste à n'user de ses codes que pour mieux se les approprier. À cette aune, Marie Van Moere n'hésite jamais à sortir la grosse artillerie, ses protagonistes, flics ou bandits, répondant plaisamment aux stéréotypes attendus. Mais, comme dans Petite louve, elle excelle ici à donner à chacun d'entre eux un corps, un style, une complexion propres, et, sans y apporter le moindre commentaire, une inclination psychologique marquée. Il faut dire que son travail est minutieux de réalisme, certains moments du roman n'étant même pas loin d'approcher du docu-fiction : c'est, il me semble, que lui tient à cœur d'imprimer à ce réel sans tamis le double mouvement d'une figure esthétique et éthique, d'une vision de l'art et d'un souci délibéré d'ancrage social.

Ce faisant, Van Moere signale une sorte de continuum moral, ou disons existentiel, entre des personnages qui, non contents d'être des rivaux dans la vie, sont de toute façon, sur le papier, parfaitement incompatibles. Ainsi de Cécile, la fliquette dotée d'un caractère de braise, sensuelle et crâneuse, courageuse et indépendante, rebelle aux bonbons Kréma dont Marie Van Moere déroule comme dans une caresse le petit fil de fragilité qui suffit à nous la rendre touchante. Et ainsi d'Antonia, veuve d'une figure du milieu qu'elle n'a pas même besoin de décrire pour nous faire sentir combien la tragédie a fâné ce qu'elle pouvait avoir de triomphale beauté, ni combien le feu n'en finira jamais de couver en elle. Ce sont là deux très beaux personnages de femmes, en qui se reconnaît sans doute en partie Marie Van Moere : des battantes, des combattantes, des femmes qui prennent l'initiative, qui vont droit au but, ne comptent que sur elles et se vivent à égalité avec les hommes, voire ne sont pas loin de se sentir supérieures à eux - disons a minima qu'il existe entre elles et eux un certain sentiment de compétition, et que la victoire n'est jamais acquise à quiconque. Mais des femmes qui savent aussi se dévêtir de leur armure, et sous le fer laisser affleurer de belles fragilités.

Que l'on ne me demande pas de résumer une intrigue à laquelle je confesse n'avoir peut-être pas tout compris... - du moins dans ses détails : il suffira de savoir qu'on y retrouve tous les éléments plus ou moins traditionnellement attachés au genre crapuleux : manipulations, trahisons, jalousies, vengeances, loi du talion, affairisme, sabotages, meurtres, etc. Tout est d'une belle précision clinique et cinématographique, documenté, justifié, étayé, mais sans doute est-ce un peu compliqué pour moi... À chacun son suspense : je ne fus pas tant émoustillé par l'envie de connaître la résolution de l'affaire (même si quelque chose en moi trépignait comme un môme), que par l'envie de savoir comment, dans l'adversité, allaient évoluer les personnages, lesquels se montreraient plus malins, plus retors, plus résistants, lesquels flancheraient ou imprimeraient leur marque sur les autres - donc au récit - : bref, d'observer ce que le drame fait aux hommes, comment il stimule leur intelligence ou, au contraire, les accule à s'effacer derrière plus grand qu'eux. Et je ne fus pas déçu.

Marie Van Moere jouit d'un talent dont je suis assez admiratif mais qu'il m'est en vérité assez difficile d'expliciter - même si je dirai tout de même qu'il puise dans quelque chose qui précède probablement la littérature. Cette autrice qui n'aime rien tant qu'« écrire à l'os », qui excelle dans les dialogues tirés au cordeau et dont le style est volontiers sec et visuel, témoigne d'une assez forte défiance envers tout ce qui pourrait vouloir s'assimiler à la grande littérature - entendue comme trop riche, trop démonstrative, trop virtuose, trop maniérée. C'est là sentiment assez commun dans le petit monde du noir, pourtant, sous telle ou telle notation, dans une certaine manière qu'elle a de ramasser une scène, d'ouvrir une brêche dans la pure factualité, comme dans l'entre-ligne, affleure aussi parfois une aspiration à une langue autre, à une autre matière, ouverte aux sensations, aux regards, aux paysages. On percevra ici ou là un éclat, la tentation d'une fugue, d'une échappée vers une littérature peut-être moins viscérale, ou disons moins immédiatement attachée à sa seule qualité de nerf, riche d'un certain désir d'approfondissement, soucieuse d'installer un autre tempo et ne détestant pas, même, accueillir un certain saisissement poétique. Il y a là peut-être matière à faire évoluer une écriture imparable dans son genre mais à laquelle Marie Van Moere ne voudra peut-être pas se cantonner, et qui pourrait lui permettre de déployer un certain nombre de variations autour de la fémininité, thème parfois caché mais latent il me semble, incessant, presque obsédant, de ses deux romans. Cela dit, si elle préférait continuer à creuser son sillon et nous offrait par la suite un autre polar de cette qualité, je prendrais quand même. Car quelle sacrée polardeuse.

Marie Van Moere, Mauvais œil - Les Arènes, coll. Équinoxe
Site de Marie Van Moere

Posté par Villemain à 23:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

mercredi 22 mai 2019

Mado lu par Alexandre Burg ("Garoupe)"

Capture d’écran 2019-05-22 à 21


Lire l'article directement sur GAROUPE

Mado... et Virginie

Mado raconte l’histoire de Virginie qui raconte Mado. Virginie et Mado sont jeunes, 9 ans au début du récit puis très vite 14 ans, entre les deux une rupture amicale due aux agissements des frères jumeaux de Mado, avec des caractères bien trempés mais bien différents. À l’exubérance de Mado répond la timidité de Virginie, à l’assurance de Mado répondent les hésitations de Virginie.

Mado raconte surtout la découverte pour Mado et Virginie de l’amour naissant entre elle, de la passion dévorante qui va les unir pendant un an avant de les terrasser l’une et l’autre.

Désir, jalousie, peur : telle pourrait être la sainte trinité de la passion selon Marc Villemain. La passion serait une pièce de monnaie dont Mado serait alternativement une face et puis l’autre pendant que Virginie en serait la tranche : l’une oscille constamment de tempérament, de la douceur à la violence tandis que l’autre montre une constance certaine et dans l’affect et dans la jalousie.

« Il y avait la brusquerie de Mado, cette manière insensée qu’elle avait de passer de la plus insatiable des tendresses à la tyrannie la plus dévorante. » Telle est Mado, être bicéphale, qui montre tantôt un visage et tantôt l’autre et fait souffler le chaud et le froid sur le corps et dans le cœur de Virginie. Autant Mado parait sûre d’elle, forte de la puissance de ses 14 ans insouciants et inébranlables, autant Virginie semble balbutiante, incertaine, se découvrant petit à petit comme une pellicule sur laquelle Mado ferait office de révélateur.

Je me souviens encore du bonheur de lecture que fut le précédent livre de Marc Villemain, « Il y avait des rivières infranchissables »… « Mado » ne lui rend rien, au contraire. Aussi tendre, aussi fort, aussi bouleversant, aussi bien écrit, aussi envoûtant que le précédent, Mado le sublime et le pousse encore plus haut. Marc Villemain est un véritable peintre des sentiments et ce n’est pas donné à tout le monde. C’est même tellement rare qu’il ne faut pas passer à côté de ce nouveau texte. On voudrait que cela ne s’arrêtât jamais, que le bonheur soit sans cesse renouvelé.

Je suis toujours sceptique devant les billets par trop dithyrambiques, qui font étalage de superlatifs tous plus extraordinaires les uns que les autres. Mais las, je me rends et m’abaisse à cet exercice de flatterie car il n’est pas vil, car il n’est pas indu, car il est justifié.

Il faut détenir au fond de soi une humanité gigantesque et une véritable appétence pour autrui, toute génération confondue, pour rendre à ce point compte de la pureté et de la beauté des sentiments, quelle que soit la fin qui soit réservée à tant d’amour.

Ne vous laissez pas avoir par le titre qui ne parle que de Mado. Certes c’est par elle que tout arrive, des agissements de ses frères à l’histoire entre elle et Virginie ; mais le livre parle autant de Virginie que de Mado. Comment ne pas faire autrement, tant ces deux gamines sont différentes et portent cette histoire, chacune sur une épaule, leurs têtes étant posées sur l’épaule de l’autre restée libre.

Et puis, il n’y a pas que Mado et Virginie dans cette histoire. Virginie est la narratrice du roman : c’est la seule voix qui s’exprime en racontant son passé mais ce n’est pas la seule voix qu’on entend. La voix de Virginie est déjà double : elle se raconte aujourd’hui, adulte, portant un regard sur elle-même dans le passé, adolescente, avec Mado. Il y a aussi la voix de sa fille, qui n’existe qu’à travers ce qu’en raconte sa mère mais qui, par sa présence, justifie le récit que nous fait Virginie de son passé, car sa fille va aussi sur ses neufs ans, âge auquel Virginie a vécu l’événement majeur qui a constitué les bases de l’adolescente et de l’adulte qu’elle est devenue (les frères de Mado l’ont laissée, nue, sur la plage, après lui avoir volé ses vêtements).

Et puis il y a la plage, la mer, la cabane de Virginie, son repère secret et celui qui abritera leurs amours naissantes, celui qui sera le témoin de leurs trahisons…

Je pourrai continuer à vous dire toute la beauté de ce texte, toute sa force, toute sa férocité aussi, sa brutalité et sa tendresse. Mais laissez-vous prendre dans les filets de Mado et de Virginie, vous ne le regretterez pas.

Posté par Villemain à 21:53 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


mardi 21 mai 2019

José Saramago - La lucidité

José Saramago - La lucidité


Les petits blancs

Y aurait-il sur l’île canarienne de Lanzarote, où le Nobel portugais José Saramago a posé ses valises, une sorte de microclimat houellebecquien ? On pourrait le penser, tant un certain esprit de subversion mâtiné de pessimisme historique semble y sévir. Rappelons que c’est sur cette petite île volcanique en effet que Michel Houellebecq trouve souvent l’inspiration – il y consacra d’ailleurs un joli recueil –, et que c’est sur cette même petite île volcanique, donc, que vit désormais José Saramago, malmené par ses compatriotes après la publication, il y a quinze ans, de L’évangile selon Jésus-Christ. Très opportunément, son nouveau roman paraît à l’heure où la société politique française commence à sortir la très grosse et très spectaculaire artillerie qui, dit-on, devra aider les électeurs à choisir celle ou celui qui présidera à leurs destinées : raison de plus pour encourager les acteurs de la campagne qui s’ébroue à lire ce roman peu ordinaire – lequel, sous ses airs gentiment pince-sans-rire, se révèle être une fable redoutablement subversive.

Et comme dans toute fable, le prétexte est assez simple. Imaginez, donc, la capitale d’un pays dont les électeurs vont se rendre coupables, dans la langue-type du ministre de l’intérieur, d’une « calamité encore jamais vue dans la longue et laborieuse histoire des peuples connus » : comprenez, en fait, que 83 % d’entre eux ont voté blanc lors de la dernière consultation municipale. Sans doute une partie de l’électorat est-elle restée l’irréductible obligée du civisme partidaire, mais, au poids, le triomphe des blanchards est on ne peut plus indiscutable. Triomphe qui n’est d’ailleurs absolument pas vécu comme tel par lesdits blanchards, l’injonction civique qui les a conduits à ce vote n’étant pas moins impérative ni moins noble que celle qui en conduisit d’autres à soutenir, qui le pdd (parti de droite), qui le pdc (parti du centre), qui le pdg (parti de gauche). Ils n’auront donc fait ici, dans un mouvement qui ne manque ni de panache, ni d’élégance, qu’appliquer le droit électoral stricto sensu. De quoi, vous en conviendrez, ébranler le bel édifice démocratique, ses routines, sa dramaturgie éprouvée, son petit théâtre des procédures. Dans un souci légaliste incontestable, le peuple s’apprête donc à gouverner le gouvernement, à retourner, non contre lui mais contre une tradition tellement ancestrale qu’elle a fini par en devenir impensée, insensée, l’usage du droit. Du moins est-ce ce qui se profile dans les premières pages – d’anthologie – où nous assistons, goguenards, au désarroi du président d’un bureau de vote, de ses assesseurs, de ses suppléants et de ses entourages, tous membres d’un petit personnel politique campé avec une drôlerie d’autant plus cruelle que le narrateur ne ménage pas sa commisération. C’est que les premiers indices de la tragédie ne tardent pas à sourdre : le ciel lui-même est de la partie, la pluie se déverse sans discontinuer, et les ouailles électrices tardent à venir accomplir leur devoir.

C’est à une belle réflexion que nous convie José Saramago, tellement belle que nous en avions omis de penser qu’elle pouvait avoir quelque incarnation crédible : que devient une démocratie lorsque ses membres usent, jusqu’en ses plus ultimes conséquences, de ce qu’elle autorise, justifie et légitime ? La réponse ne se fait pas attendre : d’autant plus malmenée quand elle l’est dans le scrupuleux respect de ses propres procédures, la démocratie laisse place à une société qui n’est pas sans rappeler la société imaginée (quoique…) par George Orwell. Les dirigeants demeurent en place – étant entendu qu’il n’est nullement question de révolution – mais, au nom de la sauvegarde de la démocratie, usent désormais des armes traditionnelles du totalitarisme le plus éprouvé – surveillance tous azimuts, écoute téléphonique, filature, délation, désignation de boucs émissaires, fabrication de coupables et assassinat. Tout ici est cul par-dessus tête : le gouvernement se voit peu ou prou contraint à décréter l’anarchie, et le ministre de l’intérieur lui-même exige des éboueurs qu’ils se mettent en grève – afin de montrer aux blanchards ce qu’il en coûte de défier les partis. En montrant, de l’intérieur, le fonctionnement d’un pouvoir qui croit tout entier à la technique de la carotte et du bâton, technique « appliquée principalement aux ânes et aux mules dans les temps anciens, mais que la modernité a adaptée à l’usage humain avec des résultats plus qu’appréciables », c’est au tropisme infantilisant qui guette toute démocratie que Saramago s’attaque entre autres maux. Le président, qui parle « comme un père abandonné par ses enfants bien-aimés, perdus, perplexes » ne manque d’ailleurs pas d’avertir : « de même que nous interdisons aux enfants de jouer avec le feu, de même nous avertissons les peuples que jouer avec la dynamite est contraire à leur sécurité ». L’avertissement sera suivi d’effets.

La grande pertinence de ce roman réside autant dans le sujet – la délitescence de la culture démocratique, en un mot – que dans le style, allègre, vif, corrosif, de haute tenue mais comme libre de toute attache, qui résonne parfois d’un rire où l’on peut entendre quelque chose de secrètement diabolique – en fait la marque d’une tristesse. L’auteur, qui, rappelons-le, est âgé de quatre-vingt deux ans, ne s’attache pas sans raison à ce tableau déconfit des mondes qui s’effondrent. Qu’il le fasse avec le sourire n’aide pas à faire passer la pilule, bien au contraire : nous rions, certes, mais nous rions aussi parce que ce paysage n’est pas sans ressemblance avec celui, que nous avons, là, aujourd’hui, sous nos yeux.

Dans son superbe Millenium people, J.G. Ballard avait décrit, non sans lyrisme ni mauvais esprit, la révolution à venir des classes moyennes : ici, José Saramago nous donne à voir la rébellion de citoyens devenus indifférents aux mimiques du pouvoir. Et, ce faisant, pose la question qui agita en son temps le Portugal de la Révolution des Œillets : la vie peut-elle s’organiser sans la politique ? Non, nous répond ce texte autrement civique que ce qu’il y paraît de prime abord – et en dépit, peut-être, de la secrète espérance du narrateur. « Comme les citoyens de ce pays n’avaient pas la saine habitude d’exiger le respect systématique des droits que leur conférait la constitution, il était logique et même naturel qu’ils ne se soient même pas rendu compte que ceux-ci avaient été suspendus » : autrement dit, la démocratie ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. L’avertissement vaut en tout lieu, et en toute époque.

José Saramago, La Lucidité - Éditions du Seuil
Article paru dans Esprit Critique, Fondation Jean-Jaurès, décembre 2006

mardi 7 mai 2019

Mado lu par Marie Van Moere

Capture d’écran 2019-05-07 à 14

 

 

Lire l'article sur le site de Marie Van Moere

Marie Van Moere, l'auteure de Petite Louve et de Mauvais Oeil livre une lecture originale de Mado (Éditons Joëlle Losfeld). Je l'en remercie vivement.


Marc Villemain et le coeur mystérieux de Mado

« MADO est une histoire d’amour. Une histoire sombre et lumineuse, celle de deux jeunes filles qui, entrant dans l’âge adulte, découvrent ce qui irrigue toute passion : le désir, la jalousie et la peur. » (extrait de la quatrième de couverture)

Marc Villemain se présente comme écrivain, critique et éditeur. Il y a quelques années, je me faisais la réflexion de savoir comment il était possible de s’affirmer les trois à la fois. J’avais une méconnaissance du métier éditorial et de son histoire. Quand Toni Morrison a déboulé dans ma vie, j’ai compris que les portes étaient faites pour être ouvertes. 

Mado m’a accompagnée à la montagne, au pied de la Paglia Orba, dans un chalet tenu par des légionnaires. J’étais l’invitée de mon frère. J’avais besoin d’air, j’étouffais à Ajaccio, l’un des symptômes révélateurs étant ma grande difficulté à achever des romans entamés. Avant Mado, il y a eu Au plus bas des hautes solitudes de Don Winslow. Ce roman noir tout simple et puissant m’a remise en selle après une période creuse, raison pour laquelle j’ai attendu l’instant nécessaire pour m’y plonger. Hors de la ville, hors du temps, hors des gens, la lecture de Mado s’est imposée d’elle-même, en toute délicatesse. 

La première idée qui me soit venue à l’entame demeurera toujours la pire question que l’on puisse se poser face à un roman, celle de la nature du sujet romanesque en lien avec la nature (hors culture) de l’écrivain. Marc Villemain, mâle blanc quinquagénaire parisien, White Male Privilege si on suit de loin Bret Easton Ellis, a donc commis une histoire sur les amours de deux adolescentes… Allons bon, la belle affaire, n’est-elle pas folle d’écrire cela, penseras-tu. Mais non. Si je me la pose, cette question, c’est de façon distanciée, en lien avec les arguties du temps. De nos jours, l’équilibre instable entre les volontés de soumission et de domination des sexes, entre la nature et la culture des genres, les pertes de repères qui jettent chaque camp dans une radicalisation stérile des idées se traduit par une régression du droit d’expression dissimulé derrière un affreux brouhaha de premier degré. Alors, un mâle blanc amoureux de la tendresse et de la douceur (j’ai lu ses précédents romans, sauf, et c’est ballot, Il y avait des rivières infranchissables, paru également chez Joëlle Losfeld en 2017), un écrivain mâle blanc, donc, qui évoque les amours lesbiennes de deux adolescentes enchristées dans un drame qui sourd au long de lignes virtuoses selon Claro, sans se dévoiler avant la fin, je m’en régalais d’avance et je n’ai pas été déçue. 

C’est un beau roman, une histoire intense dans l’intimité et l’écriture précise, subtile, attentionnée. Certains passages font affleurer l’émotion, comme quand un livre entre dans l’histoire personnelle et présente du lecteur, lequel justement a choisi son instant de lecture. Le miroir entre l’histoire d’amour de Mado et Virginie et le journal intime de Virginie ne souffre aucunement d’une brisure narrative en cours de lecture. Les luttes entre exister pour soi et exister pour les autres, l’équilibre entre le plaisir pour soi et celui des autres quand on est jeune fille, tout cela n’est pas si simple. On a souvent dit de Jim Harrison qu’il avait accompli l’exploit d’entrer dans un cerveau féminin pour écrire Dalva. Bof, bof, ai-je envie de pinailler. Aussi magnifique que soit le roman Dalva, Jim Harrison a tellement envie d’être son personnage quand il raconte l’histoire de Dalva que cela ôte à ce dernier une part d’existence propre. Bien sûr, nous construisons nos héros avec un bout de nous, conscient ou inconscient, mais si on peut tromper une femme lectrice sur la culture d’un personnage féminin, c’est plus complexe du point de vue de la nature intime. Je trouve que Villemain excelle dans ses portraits de Mado et Virginie adolescentes et Virginie femme, leur offrant un désir commun dans des thématiques personnelles et sexuelles différentes. Non pas parce que je me serais identifiée à l’une ou l’autre mais parce que je les connais, dans ma chair ou dans la leur, leur esprit et le mien se sont salués sur une même route, dans un même bar, contre un même mur. Villemain parvient à nous faire embrasser les flux intimes qui les animent, les enjeux de la construction de leur être par la sexualité en friche. Mado et Virginie vont au bout de cette recherche d’identité par le désir et la conquête de leur corps, de sa singulière évolution, son troublant épanouissement, et cette identité apparaît page après page sous nos yeux troublés par la virtuosité légère de l’écriture de Villemain. 

Le journal intime de Virginie nous permet de la rencontrer adulte et génitrice d’une enfant dont elle ne sait que faire, vivant dans la douleur du souvenir de Mado, le seul amour de sa vie, comme sont souvent considérées les amours perdues. Villemain écrit le désespoir de Virginie, son refus de se construire dans l’absence de Mado avec la force d’une vague qui vous emporterait loin du rivage pour ne vous recracher jamais. Ce journal, caractérisé par les passages en italique, essaime au long du roman les interrogations de Virginie adulte à propos de Virginie enfant et adolescente et offre à la Virginie génitrice la possibilité d’être mère et par là même le défi de s’accepter dans son temps présent. Pour un tendre quinqua blanco, c’est pas mal du tout (oui, j’aime bien m’imaginer Villemain en tendre quinqua blanco). 

Mado exprime la grande pureté de la sexualité des jeunes filles de la plus belle des manières et le drame potentiel de cet épanouissement quand le calcul s’immisce entre les cœurs. Ce roman m’a rappelé qu’en matière de livres j’aimais aussi la beauté formelle, dans le sexe, le tragique ou les souvenirs d’enfance, et de ne jamais sous-estimer le don cathartique du beau, ce sentiment tellement subjectif et pourtant si rassembleur, comme souvent la littérature.

Posté par Villemain à 15:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

lundi 29 avril 2019

Mado : coup de coeur sur Onlalu


Capture d’écran 2019-04-29 à 09


Lire l'article directement sur Onlalu

Premier amour, dernier amour

Marc Villemain publie un magnifique roman d’apprentissage sur le passage complexe entre l’enfance et l’adolescence, l’identité incertaine à l’heure du premier amour et des premiers désirs. D’une plume délicate, sensorielle, sensuelle et à fleur de peau, l’auteur fait parler sa narratrice en deuil de son premier amour quinze ans auparavant.

« Je me souviens que j’étais nue et qu’ils s’élançaient derrière moi » : sur la plage, deux garçons ont dérobé la culotte d’une fillette de neuf ans ; c’est le souvenir fondateur de Virginie, celui qui marque une rupture irréversible entre l’enfance, territoire de la sauvagerie, de l’animalité et du bonheur, et la conscience de la sexualisation des êtres. Après la chute de l’Eden il n’y a plus d’innocence possible, et le roman tout entier est innervé par cette nostalgie incurable de l’insouciance et de la légèreté, seules lois du pays d’enfance. Après une ellipse de quelques années, on retrouve Virginie en fin de quatrième, où elle échange son premier baiser avec Mado, la fille la plus populaire du collège. Mado est l’élue que Virginie accueille dans son refuge, sa cachette sur la plage : une cabane de pêcheur abandonnée, perdue entre les herbes folles et l’océan. Là, à l’abri, les deux amies découvrent leurs corps, la sexualité et l’amour. Mado l’initiatrice est mûre, libre, parfois tyrannique envers la soumise Virginie, partagée entre désir romantique et jalousie irrépressible. Pour cette dernière, plus rien n’existe que cet amour brûlant qui renferme l’exaltation et la violence, les remords et les pardons, les passages d’un désespoir abyssal au bonheur absolu, le tout au temps de l’incertitude sexuelle, des expériences et des doutes : « On devrait tous mourir à quinze ans. Cela accroîtrait considérablement nos chances d’être heureux à vie ». De cette passion qui étymologiquement fait souffrir, la jeune femme de trente ans a gardé des séquelles, et rien n’est venu combler le vide ni apaiser la douleur laissés par l’absence de Mado. Marc Villemain a su créer là un petit bijou de sensibilité, où le sel et les embruns sont le goût de l’enfance et du premier amour, de la mélancolie et de la perte. Un coup de cœur absolu !

Aline Sirba

Posté par Villemain à 15:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

mercredi 24 avril 2019

Mado lu par Josyane Savigneau (RCJ)

RCJLogo

 

« Une Mado inoubliable » : deux minutes trente en compagnie de Josyane Savigneau, pour sa chronique bimensuelle sur RCJ.

Cliquer ici pour écouter.

 

Posté par Villemain à 11:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

jeudi 18 avril 2019

Mado - Entretien avec Virginie Troussier - RCF, Dans les marges


RCF

La romancière Virginie Troussier m'a fait l'honneur de me recevoir à La Rochelle, dans les studios de son émission Dans les marges, sur RCF Charente-Maritime, et de se pencher sur Mado (Éditions Joëlle Losfeld).

Au-delà de son accueil, merci à elle d'avoir également écrit et prononcé ces quelques mots :

« Marc Villemain semble percevoir chez les hommes tout ce qu’ils contiennent, les plus infimes variations d’une pensée, ces mouvements subtils, fugitifs, évanescents, tout juste perceptibles. Avec Mado, son dernier roman, paru chez Joëlle Losfeld, l'écrivain capte les ondes entre deux jeunes filles, entre des embruns et la peau, entre un chagrin et une gorge, entre la lumière et les pupilles. Les émotions se télescopent et fusionnent. Il y a quelque chose de très physique, en écrivant l’amour, en captant l’intensité amoureuse. Poésie charnelle, symphonie organique, à peine une histoire, plutôt la partition d’un chant nourri d’images, de pulsations. Marc Villemain assemble avec une infinie sensibilité des mots comme des notes, des phrases comme des vibrations, captant les sensations au plus près de leur surgissement. »

En deuxième partie d'émission, Sophie Bobineau et Floriane Durey déploient, à partir de Mado, une « proposition d'écriture » ; quant à Cécile Jolas, elle propose quelques recettes gastronomiques pour le moins exotiques...

L'émission dure une petite heure. 
Les curieux pourront l'écouter ici, ou en cliquant sur l'image.

Posté par Villemain à 10:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,