vendredi 23 mars 2007

Les Eveilleurs d'Etat - Parution - Signature au Salon du Livre

 

short-satori

 

Paraît aujourd'hui un recueil collectif de nouvelles, Short Satori, chez la jeune et combative maison d'édition Antidata. Quatorze écrivains se sont regroupés pour aborder le thème de L'Eveil. J'ai l'honneur d'ouvrir ce recueil avec un texte intitulé Les éveilleurs d'État.

L'ouvrage est lancé ce soir au Salon du Livre, où la Région Ile-de-France héberge les éditions Antidata.

Je dédicacerai l'ouvrage demain samedi entre 18 heures et 20 heures, sur le stand. A bon entendeur...

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mercredi 21 mars 2007

Darfour : meeting à la Mutualité

L'engagement humanitaire est ce qui reste de l'idéologie quand la politique a failli - ou de la politique quand l'idéologie a failli ; ce qui ne signifie évidemment pas que "l'humanitaire" soit exempt de considérations politiques ou idéologiques, loin s'en faut. Cette antienne, qui n'est pas récente, est probablement assez juste, et formulée, c'est selon, avec bienveillance, résignation ou dénigrement. Pour ma part, je m'y rallie et m'y suis rallié de bonne grâce il y a assez longtemps déjà : il faut être rudement sûr de soi et de sa pensée, rudement sûr de la pertinence des clivages traditionnels, rudement sûr, encore, de la réalité du pouvoir dit politique, pour ne pas admettre les limites de l'engagement classique (généralement bipolaire). Nul ne pouvant raisonnablement suivre le rythme de la complexification exponentielle du monde, et le politique ne pouvant pas davantage échapper à cette règle, ne nous restent que quelques fondamentaux, dont il est certes facile de sourire mais dont on voit mal comment l'on pourrait leur dénier ce statut : à défaut de sauver le monde, donc, veiller à ce que le martyre des humains ne se perpétue pas dans le plus complet silence, dans le meilleur des cas contribuer à en sauver quelques-uns. Nous en étions là déjà au moment de la Bosnie et du Rwanda : la donne ne se pose pas en d'autres termes pour le Darfour.

Le citoyen lambda que je suis a depuis longtemps déserté les lieux et instances du militantisme pour, globalement, se replier. Je vote, je m'informe, je ne refuse pas la discussion, parfois je pétitionne, j'écris : voilà, peu ou prou, ce qu'il subsiste de mon passé militant, un vague sens du devoir. Sans doute nul ne peut déserter sans quelque accès de mauvaise conscience (et il est vrai que les militants sont assez doués pour lester de culpabilité les esprits moins engagés), mais on s'en arrange au fond assez bien. Restent donc "les grandes causes", et ce qui se produit au Darfour, génocide, crime contre l'humanité ou quelque autre appellation qu'on voudra bien lui donner, en est évidemment une. Que l'on me permette toutefois cette digression : le récent déni de génocide en Bosnie, officialisé dans un arrêt de la Cour de Justice Internationale, n'est pas pour rassurer quant à la capacité du droit à qualifier les crimes. A l'heure où la France est plus isolée que jamais du monde et de l'Europe, au moment aussi où seul semble la passionner son devenir hexagonal (comme s'il était indépendant du reste du monde), et alors que le temps électoral que nous traversons n'a sans doute que rarement connu une telle insignifiance, le meeting organisé par le collectif Urgence Darfour, SOS Darfur et Bernard-Henri Lévy aura au moins permis de faire entendre une autre ambition, et d'engager quelques-uns des candidats à l'élection présidentielle. C'est pourquoi j'y étais, pour faire masse, l'hystérie médiatique et la sottise communiquante n'étant sensibles qu'au bruit de la foule.

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vendredi 16 mars 2007

THEATRE : Hughie - Eugene O'Neill

Claude_AufaureLaurent_TerzieffDécidément, je dois avoir une dent un peu systématique contre le public : je ne parviens plus à me rendre à un spectacle sans m'agacer de ses réactions - admirant, au passage, le stoïcisme des acteurs. C'est qu'on ne peut pas dire que Laurent Terzieff inspire à ce point le comique et la légèreté qu'il puisse faire s'esclaffer les foules. Et pourtant, les rires, même un peu forcés, même un peu mécaniques, qu'aucune repartie de ce texte ne déclencherait en temps normal, fusent à intervalles réguliers. Le texte et la mise en scène ménagent sans doute quelques effets, mais on ne peut pas dire que le propos incite à une hilarité particulière. Enfin, comme je suis un peu las de m'en prendre systématiquement aux autres, confessons un certain manque d'humour - et sabrons l'épilogue.

Hughie est un des derniers textes d'Eugene O'Neill (1942). Son prétexte est simple : Erié Smith (Laurent Terzieff), flambeur professionnel, vit depuis des années dans un hôtel devenu un peu minable. Il avait pris l'habitude de converser, tard dans la nuit, avec le gardien, à qui il en contait des vertes et des pas mûres sur le jeu, l'argent et les filles. Mais le bon gardien est mort. Erié s'est conséquemment cuité cinq jours durant et, une fois rentré à l'hôtel, c'est un nouveau gardien (Claude Aufaure) qui l'accueille. Deux solitudes se font donc face, pareillement désespérées quoique affectant de ne point trop l'être. Le flambeur en fait des tonnes, la rouerie du gigolo n'a plus aucun mystère pour lui, il brasse de l'air, des paroles et des histoires d'un passé dont il se gausse, tentant plus ou moins maladroitement de faire oublier que les temps ont changé. Le gardien de nuit ne l'écoute pas, ou fait semblant, il entend la rumeur de la ville, guette l'horloge, voudrait pouvoir s'assoupir dans son fauteuil, s'immerger dans sa propre solitude. Au fond, personne ne s'écoute : les solitaires ne peuvent pas se rencontrer - ou se rencontrent trop tard.

Le jeu, la mise en scène, le texte même, assez malin sous son impression d'évidence, tout ici transpire l'intelligence et la finesse. Pourtant, la pièce ne laisse pas de trace. Sans doute parce que les ressorts de la comédie semblent plus tendus que ceux de la tragédie. C'est d'autant plus étonnant que Laurent Terzieff, qui montre encore une fois combien il est un de nos plus grands et plus émouvants acteurs, est attendu sur un autre registre. Et c'est assurément injuste d'attendre d'un acteur qu'il se conforme à ce qu'on attend de lui et de se désoler qu'il suive son propre chemin. C'est que Laurent Terzieff porte tellement la lassitude et la fatigue, il incarne l'accablement de l'existence et du monde avec un tel génie, qu'on en vient à oublier le jeune premier qu'il fut, et qu'il aime sans doute à ressusciter. Ainsi le vit-on, il y a un an, dans Mon lit en zinc, adapté de David Hare, jouant un vieux requin de la finance venu du communisme et marié à une jeune alcoolique qu'il avait sauvée de la mort. Le prétexte était sans doute plus grave, mais l'envie de comédie était déjà forte chez lui, qui trouvait un plaisir manifeste à ce rôle d'arrogant, fût-il pétri de faiblesse et d'humanité.
A eux seuls, Laurent Terzieff et Claude Aufaure (incarnation parfaite du gardien de nuit tel qu'on peut se l'imaginer, jouant très juste, délicat, onctueux, sec et précis) justifient évidemment le déplacement. Reste que le choix de souligner le comique de situation peut laisser perplexe, faisant courir le risque d'estomper la condition mélancolique des deux personnages et le passionnant jeu de miroir aux alouettes auquel ils se livrent. Ce dont témoigne la salle rieuse.

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mercredi 14 mars 2007

Morale cochonne

Que l'homme se comporte comme un porc, et c'est à l'animal d'abord qu'il fait insulte : lui n'a pas demandé à l'être.

 

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mardi 13 mars 2007

Morale bourgeoise

Je ne donne pas d'argent aux pauvres, ils pourraient croire que je me sens coupable.

 

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lundi 12 mars 2007

Notre jeunesse

Ne renions pas notre jeunesse. Servons-nous en pour excuser ce que nous sommes.

 

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vendredi 9 mars 2007

Michel Jonasz au Casino de Paris

Michel_JonaszJ'ai toujours beaucoup aimé Michel Jonasz, que je tiens pour un des tout meilleurs interprètes, paroliers et compositeurs de chanson française. Et ils ne sont pas si nombreux, ceux qui peuvent encore inscrire leurs pas dans cette grande tradition (où Jonasz tient une place à part, par ce qu'il est bien sûr, mais ne serait-ce que parce que ses influences débordent assez largement du cadre.)

Sans doute l'hommage à la "chanson française" que constitue son dernier album n'est-il pas ce qu'il laissera de plus mémorable. Mais qui, aujourd'hui, peut reprendre le grand répertoire (Ferré, Brassens, Brel, Piaf...) sans sombrer dans le ridicule ? C'était donc assez courageux, et on me dira aussi que c'était une gageure, ce qui n'est pas absolument faux. Toutefois, même si, comme moi, on n'aime guère le fond de jazz-rock mâtiné de fusion et de funk de ce dernier album, il faut bien admettre que, non content d'avoir su s'approprier le répertoire et le réarranger de fond en comble, Jonasz l'interprète au plus juste, sans trop en faire ni en cherchant à singer qui que ce soit. Nombreux sans doute auraient été ceux à tomber dans le mélo ou le mauvais goût.

Je passe sur la première partie de ce concert, où l'on nous donna à entendre un certain "Ours" et son acolyte programmateur de boite à rythmes. D'emblée, je me dis que Michel Jonasz doit être rudement gentil pour permettre à ce duo de se produire dans une salle tout de même assez mythique pour un résultat aussi creux et une prestation aussi désinvolte. Puis, avançant dans ma réflexion (et alors que derrière moi, cinq ou six fans de 'Ours", sans doute la famille, lui réservent le même accueil que s'il s'agissait du retour à la scène de Mick Jagger) je me suis dit que ce n'était pas possible, que tout cela relevait certainement des coulisses et ne pouvait qu'échapper au spectateur lambda : "Ours" doit sans doute être un ami de la famille, le petit copain d'une petite-nièce ou quelque chose d'approchant. Je n'en dirai pas plus. Il me suffira de confesser que, en écoutant ces cinq chansons censées attiser la curiosité du public, je me suis fait la réflexion que Vincent Delerm, finalement, était peut-être génial.

Et puis Michel Jonasz arrive, engoncé dans un costume gris scintillant qui aurait sans doute très bien convenu pour chanter "Ray Charles", mais sûrement pas Jacques Brel. D'autant que ses musiciens donnent plutôt dans le genre débraillé, dreadlocks et cool attitude. Il ne s'agit pas là d'un jugement de valeur ; je pense simplement qu'un certain répertoire justifie, voire exige, une certaine présentation. Disons-le de manière plus esthétique : quelque chose, ici, n'est pas en accord avec le projet. Mais c'est un détail. Le tour de chant commence donc par "Fils de... ", du grand Jacques, et c'est plutôt de très bonne facture, tenu, intériorisé, d'une interprétation très juste et relativement dépouillée. Le seul problème, et c'est celui qui me perturbera tout au long de la soirée, tient plutôt au public, du genre à taper dans ses mains sur chaque temps  (oui, chaque temps !), à défaut un temps sur deux, dès qu'on le lui demande bien sûr, mais aussi de son propre chef, et le plus souvent en égarant le tempo. Du genre aussi à rire un peu trop facilement - impression, ici, d'entendre les rires préenregistrés pour les séries TV. Bref, je me suis parfois senti sur un plateau télé de Jacques Martin ou de Michel Drucker, ce qui est  tout de même assez désagréable lorsqu'on porte Michel Jonasz dans son cœur. Je crois d'ailleurs que lui-même le sait, ou le sent, et sa manière de conduire le spectacle, le parsemant de digressions légères et un peu faciles, en atteste à coup sûr. Le comble arrive toutefois lorsqu'il nous convie à un karaoké sur "Les copains d'abord"... Derrière la scène se déplie une toile blanche (comme l'écran sur lequel, dans l'ancien temps, nous visionnions les diapos des vacances d'été,) et la foule d'entonner cahin-caha la chanson d'une génération. Pour bien moins bienveillant que moi, c'eût été la goutte de sirop qui fait dégouliner l'ambiance... Jonasz est bien sûr très élégant et se sort toujours avec beaucoup de grâce de toute situation un peu tangente. Mais si je comprends son désir de donner envie à chacun de redécouvrir et de chanter le grand répertoire, il n'en demeure pas moins que cela donne tout de suite un résultat convenu, mièvre, et autant le dire : cul-cul la praline - loin, bien loin, de Brassens. Et dire cela n'enlève rien à la générosité du public. Simplement, le risque est grand de voir transformer un répertoire profond, poétique, souvent mélancolique, en un petit tour de piste sympa - et participatif, comme dirait l'autre.

Je retiens donc de cette soirée, au fond un peu décevante, trop professionnelle, trop ajustée, trop ronflante, trop bien réglée, quelques interprétations très réussies : "La mémoire et la mer" de Léo Ferré, le "Fernand" de Jacques Brel, ou son propre hommage à "Léo", pourtant plutôt casse-gueule. Jonasz est pourtant bien trop cabotin lorsqu'il entonne "L'amour sorcier" de Nougaro ou "Couleur Café" de Gainsbourg, frôlant l'imitation, donc la caricature.

Et puis, vint bien entendu le moment où le public le réclame, lui. C'était prévu, et prévisible : qu'on l'aime ou pas, nombre de ses chansons, depuis trente ans, sont passées dans le domaine des standards. On l'aime aussi pour cela, pour avoir su accompagner une, voire deux générations, tant de moments dans l'intimité de tant de gens. Mais l'artiste est là pour rendre hommage à la chanson française, et il nous le fait savoir (et ce choix, est-il vraiment nécessaire de le souligner, est parfaitement compréhensible et légitime). Mais le public lui lance des "Micheeel !" comme d'autres lancent ailleurs des "Patriiick !" ou des "Pascaaal !", alors que voulez-vous, le public chéri... Tout doucement, donc, il entonne "Les fourmis rouges", un peu hésitant, tout juste s'il se souvient des paroles, et la rumeur enfle, car le public, lui, les connaît, les paroles, et cela fonctionne, l'écoute est plus amoureuse, plus instinctive, et on se dit que, décidément, c'est sur son répertoire que Michel Jonasz recouvre sa poésie, son authenticité, son talent. C'est un peu injuste, assurément, mais c'est sans doute le lot des grands artistes qui ont marqué leur temps que de ne pouvoir échapper à ce qu'ils incarnent.

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mercredi 7 mars 2007

Sur la terre comme au ciel

Pourquoi croyons-nous en Dieu ? Pour trouver la force de quitter la terre apaisés. Pourquoi n'y croyons-nous pas ? Pour trouver celle d'y rester.

 

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mardi 6 mars 2007

Pain Of Salvation à l'Elysée-Montmartre

DSC00072Les rockeurs ne sont plus ce qu'ils étaient. Aussi les trois-quarts du public réuni samedi dernier à l'Elysée-Montmartre pour le passage de Pain Of Salvation ont-ils copieusement applaudi à l'injonction, lancée (en anglais) par une voix d'hôtesse d'accueil, de ne pas fumer dans la salle. J'avoue en être resté baba, avant de me ressaisir et d'en allumer une fissa. Non seulement le rockeur n'est plus le rebelle d'antan et a remplacé les tiags par les mocassins, mais il est sage et obéissant. Qu'obligation légale soit désormais faite à la direction de l'Elysée-Montmartre de prendre soin de notre santé est une chose, que le public applaudisse à l'ordre moral (qu'il soit royaliste ou nicolien) en est une autre. Enfin faisons taire notre agacement : l'affaire semble consommée. Et durablement, avec ça.

Groupe à part dans la galaxie metal, Pain Of Salvation en est aussi un des plus beaux fleurons. Foin de clichés pour ces musiciens exigeants, ouverts et inspirés. Soudés autour du charismatique et très talentueux Daniel Gildenlöw, le groupe renouvelle à la fois le genre et sa propre discographie à chaque nouvel album, puisant aussi bien dans la grande époque floydienne que dans le folklore, le jazz, le black metal, ou des musiques que l'on qualifiera par défaut de plus industrielles. Un tel patchwork ne suffirait toutefois pas à ancrer un style. Ce qui fait le lien, mais le mot est peut-être par trop imprécis ou vaste, c'est la mélancolie, tout à la fois rageuse et résignée. Textes et musiques s'allient pour déployer une vision assez désespérée du monde et des rapports humains, sans rémission possible, articulée autour de la difficulté des hommes à se comprendre eux-mêmes ou à communiquer entre eux. Les éclaircies sont rares, le plus souvent joueuses ou ironiques - le fameux Disco Queen. Ce qu'on aime chez Pain Of Salvation, outre la qualité des compositions toujours très élaborées, c'est sans doute que chaque morceau, texte et musique, cherche à disséquer ce que nous avons en nous de plus intime : le malaise existentiel. D'où cette douceur empreinte de tristesse sur le très beau Undertow, qui contient sa violence jusqu'à la fin, la colère qui pointe ne pouvant complètement exploser. D'où, aussi, ces moments plus brutaux, plus lourds, mais qui n'ont de sens que dans le surplomb de l'angoisse, et parce que revient toujours le temps de l'introspection. Ce double tropisme est à ce point patent que le groupe n'a pas hésité à entamer son rappel par une reprise, à tout le moins inattendue, du très beau Hallelujah de Leonard Cohen - que Jeff Buckley avait également repris avec le succès que l'on sait. On aurait pu craindre que la chanson soit peu à peu tirée vers quelque chose d'un peu heavy, plus prévisible. Or les musiciens ne sont pas tombés dans le piège et ont su restituer l'émotion originelle, conservant à la chanson son dépouillement premier, et maintenant ce que la prière, ou la plainte, peut avoir d'authentique.

DSC00063Maintenant, nous sommes bien dans un concert de rock : ce que la musique de Pain Of Salvation a d'émouvant, voire de poignant, lorsqu'on l'écoute chez soi (comme nous pouvions écouter un vieux Pink Floyd, c'est-à-dire en installant une atmosphère un peu sombre et méditative, encens et bougies compris) cède la place, en concert, à l'énergie. Et la grande modestie de la mise en scène (pour ainsi dire inexistante) conjuguée à un son d'une grande clarté, n'enlève rien au fait que le rock, c'est aussi une énergie brute et physique. Il n'y a rien de contemplatif ou de planant dans la musique de Pain Of Salvation, et les moments de douceur ou de retrait sont aussi des moments de grande puissance : simplement est-elle maintenue dans sa gangue d'émotion et de musicalité, sur un fil dont on dirait qu'il s'apprête toujours à rompre. Là réside une des grandes différences avec un groupe comme Dream Theater, par exemple, techniciens sans plus doute plus accomplis encore mais que la quête esthétique et le goût du concept éloignent parfois de ce que l'émotion doit avoir d'impérieux. Aucun risque de la sorte avec Pain Of Salvation, qui sait que ce n'est pas seulement pour les oreilles qu'on fait de la musique.

Photos personnelles

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lundi 5 mars 2007

Ô temps !

Au train où vont les choses, comme voulez-vous qu'on n'ait pas un métro de retard ?

 

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