samedi 30 décembre 2017

Michel Gros Dumaine a lu "Il y avait des rivières infranchissables"

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Il y avait, il y a, il y aura

Il y a des textes qui, comme la théorie lévinassienne du visage se soucie de l'être dans sa nudité fragile, offrent à ceux qui s'y aventurent l'expérience sensible d'une telle nudité. Il y avait des rivières infranchissables le dernier livre de Marc Villemain fait partie de ces écritures précieuses, devenues désespérément inhabituelles, qui se saisissent avec une délicate nostalgie des questions sans fin que pose le mystère du désir amoureux. Douze variations du thème des amours naissantes, plus une (surprenante) en guise de point de capiton, constituent la palette sensuelle d'une écriture légère et ciselée, émotive et précise, parfumée. Une écriture qui tisse la toile d'un réel qui s'entrouvre et s'échappe aussitôt au gré des pulsations d'un imaginaire sans pathos ni pesante nostalgie. Il y avait des rivières infranchissables comme un tableau qui nous regarde et nous dit qu'il y avait, qu'il y a, qu'il y aura la magie vivante du désir, creuset de l'être-là que nous sommes, toujours infranchissable. t


samedi 27 avril 2013

Une critique de Michel Gros Dumaine


« Écrire le temps, saisir le temps dans la forme que lui donne l’écriture ou comment toucher du doigt
l’intangible en s’accrochant à ces prises minuscules que sont les signes de ponctuations. »

Esthétique de la ponctuation d’Isabelle Serça

Lecture :
« C’est bien simple, dans ses phrases on entendait jusqu’à la ponctuation. »

SI j’accroche ma lecture du livre de Marc Villemain à l’esthétique de la ponctuation c’est bien évidemment parce qu’elle ouvre à la question du style. Ce style qui manque cruellement à ce qui se présente aujourd’hui, massivement et à grand renfort de trompettes, comme littérature. Je pourrais l’accrocher aussi à la brièveté du texte qui force l’obligation créative d’un travail de la langue quand l’époque encombre ses librairies de pavés où cette même langue s’appauvrit à l’aune de la banalité d’histoires répétitives.

Un texte court donc, un style. Une histoire aussi… qui vaudrait peu de chose sans cela. Car après tout, cher Marc, les petits vieux comme moi qui ruent dans les brancards sous les coups de boutoir de l’idéologie de l’éternelle jeunesse, de, de, de… sont légions et bien sûr se résignent, fatigue aidant, à finir leur histoire, comme à la fin de votre livre, par un meurtre. Je ferai silence sur l’inversion que vous faites de cet élément princeps, le meurtre, où la psychanalyse pense l’autonomisation de l’individu. Non, ce n’est pas cette histoire-là, que je me raconte en permanence et en milliers de variations imaginatives, qui marque ma lecture. Mais vous l’avez déjà compris, ce qui marque ma lecture de votre très beau texte c’est la variation qui est la vôtre (celle qui m’avait échappé). Le style donc, le travail de la langue. Là où l’émotion naît du texte lui-même et pas seulement du propos.

Qu’en dire ? Et bien rien qui déflorerait les lectures à venir.
Alors ? En parler, oui, dans ce que je me propose de provoquer ici comme criticism in progress.

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