lundi 28 avril 2008

L'exemple allemand

En France, nous ne voulons toujours pas entendre parler de la réédition des pamphlets de Céline - que les petits cochons antisémites se refilent donc sous le manteau d'Internet ; en Allemagne, le Conseil central des juifs vient de se prononcer pour celle de Mein Kampf : c'est toute la différence entre une nation soucieuse de transmettre l'histoire et une société avant tout désireuse de la taire.

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vendredi 28 mars 2008

BENAMOUraché de lui-même

Citer suffit, parfois, tant le suc de certains mots tient surtout au statut de leur émetteur : "Je suis victime d'une cabale d'intellectuels mondains, cette gauche caviar qui n'a pas supporté mon soutien à Nicolas Sarkozy." (Georges-Marc Benamou, à propos de sa nomination contestée, et finalement avortée, à la tête de la Villa Médicis.)

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mardi 19 février 2008

A propos de Robbe-Grillet, ou l'essence hypocrite de l'hommage politique

Alain_Robbe_Grillet___Eden_and_after
J
e ne suis pas à proprement parler grand amateur d'Alain Robbe-Grillet, dont l'importance littéraire ou para-littéraire ne m'échappe pas, mais à l'écriture et aux univers duquel je n'ai jamais été plus sensible que cela. Il n'empêche que l'on ne peut qu'être confondu devant l'hypocrisie de l'hommage qui lui est rendu depuis hier. Je ne parle pas de Bernard-Henri Lévy, les deux hommes ayant toujours été proches, partageant notamment une même manière de revendiquer l'extrême liberté pour la création et éprouvant une même drôlerie, voire un même plaisir, devant la cocasserie du petit théâtre des adversités contemporaines. Je pense plutôt aux personnalités politiques qui, de droite et de gauche, louent, l'œil humide et la main sur le coeur, le chantre des ruptures, le rebelle aux routines institutionnelles et l'explorateur émancipé de toutes les intimités. Son ultime roman sentimental livrait et délivrait ses fantasmes pédophiles, incestueux et meurtriers : à cette aune, il est à tout le moins pittoresque d'entendre tout un pan de la bourgeoisie, celle qui rêve de transformer la psychanalyse en psychiatrie et de mettre préventivement en prison ceux que le sexe travaillerait un peu trop, dire son respectueux hommage avec autant de conformisme. Que le monde politique et le monde de l'art aient depuis longtemps rompu les ponts (hors période électorale), nous le savions déjà ;  le problème est que la culture n'irrigue tellement plus le politique que tout hommage, non seulement sonne faux (ce qui ne serait ni nouveau, ni très grave), mais achève de discréditer encore davantage des laudateurs tout émus de se sentir émus. Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, voulut interdire à la vente un roman dans lequel l'auteur avait essayé, non sans mal, de pénétrer le cerveau complexe d'un pédophile ; une fois président de la République, il s'attriste de la disparition d'un écrivain qui, au soir de sa vie et de la façon la moins romanesque qui soit, confessa un certain nombre de tentations sexuelles à tout le moins non conformistes : comme quoi, pour cet héritier contrarié de 68, tout est politique, y compris la libido. Cela dit, à cette heure, on attend avec beaucoup d'intérêt l'hommage que, à son tour, Ségolène Royal
ne saurait manquer de lui rendre.

lundi 17 décembre 2007

Du rétrécissement de l'idée de justice et de son application au pays des droits de l'homme


D'un côté, Jean-Marc Rouillan, ancien leader d'Action Directe, est placé en semi-liberté après plus de vingt années d'incarcération : en attendant mieux, c'est tout de même la preuve que le droit est encore applicable et que Nicolas Sarkozy n'est pas encore tout à fait maître en son royaume. De l'autre, le gouvernement et la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et la Toxicomanie (MILDT) coupent les vivres de l'Observatoire International des Prisons, et c'est une nouvelle démonstration de son désir d'en finir, avec le droit précisément, mais aussi avec tout ce qui pourrait jeter un discrédit sur ce qui relève de son autorité : la dignité des hommes - fussent-ils des détenus.
Sur ce point, le nouveau rapport du Comité de prévention de la torture du Conseil de l'Europe, dans sa partie qu'il consacre aux prisons françaises, est d'ailleurs très encourageant... Rassurons-nous, pourtant : Rachida Dati veille sur l'indépendance de la justice, tandis que Yama Rade et Bernard Kouchner s'assurent que les droits de l'homme soient effectifs partout et pour tous.

vendredi 26 octobre 2007

Rideau pour le petit Jean

RideauRéputé pour châtier mon langage, je crains toutefois, ici, de déroger à la règle. Car vraiment, je vous le dis : on se fout de notre gueule !

Sophie Tapie et Jean Sarkozy, fille et fils respectifs de Nicolas et Bernard, pour les rares esprits à qui cela aurait pu échapper, furent donc recrutés par le producteur et metteur en scène Philippe Hersen pour jouer sur les planches un remake d'Oscar, célébré en leur temps par Pierre Mondy et Louis de Funès, puis par Edouard Molinaro. Philippe Hersen, le producteur et le metteur en scène, donc, fut apparemment un des seuls à ne pas faire le lien entre le petit Jean et le grand Nicolas : "Je ne savais pas qu'il était le fils de Nicolas Sarkozy" - en revanche, ami de longue date de Bernard Tapie, il lui était difficile de ne pas faire le lien avec sa fille. Aux dernières nouvelles, le petit Jean, finalement gros-Jean comme devant, a laissé tombé les gants (éventuel surgissement dans sa conscience du souvenir d'un temps où Paul Amar pouvait en offrir une paire à Bernard - Tapie - et Jean-Marie Le Pen), car "après réflexion" (waouh !), le jeune homme, préférant laisser parler son producteur plutôt que prendre le risque de bredouiller en bégayant, a décidé de "donner la priorité à ses études" - ce qui, à vingt ans, on en conviendra, n'est tout de même pas une idée aussi aberrante qu'elle en a l'air. Las !, le théâtre devra donc patienter encore un peu avant que le brillant jeune homme commence à en brûler les planches - mais trouvera matière à se consoler avec la jeune Sophie Tapie qui, elle, semble les avoir bien fixés (les gants). Nous attendons de savoir ce qu'en pensent les sociétaires de la Comédie Française.

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Nobel de quoi ?

Doris_LessingIl n'est pas inintéressant d'apprendre que, quelques heures seulement après avoir été auréolée du prix Nobel de littérature, Doris Lessing ait lancé, dans le journal espagnol El Pais : "Le 11 Septembre a été terrible, mais si on se repasse l'histoire de l'IRA (l'organisation nord-irlandaise), ce qui s'est passé aux États-Unis n'a pas été aussi terrible que cela. Certains Américains penseront que je suis folle. Beaucoup de personnes sont mortes, deux édifices prestigieux sont tombés, mais ce ne fut pas si terrible ni si extraordinaire, comme ils le pensent". Les petits révisionnistes que porte le temps n'en demandaient pas tant, et commencent déjà à reprendre la parole pleine de sagesse de l'auguste lauréate, laquelle a bien compris qu'en littérature, ce qui fait sensation, ce n'est pas la littérature.

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jeudi 4 octobre 2007

Postérité génétique

Thierry_MarianiOn dit les hommes politiques soucieux de postérité - leur seul point commun, peut-être, avec les écrivains. A cette aune, il est curieux de constater combien nombre d'entre eux, engagés à corps perdus dans le présent immédiat, négligent ce que l'histoire retiendra et dira d'eux. Prenez Thierry Mariani, député UMP connu pour être décomplexé - entendez par là membre d'une droite qui assume librement ses dimensions historiques et traditionnelles les plus rudes : quelque chose d'un peu martial, militaire, asocial, viril et conquérant. L'histoire (c'est-à-dire, pour être concret, les livres, les manuels, les médias, la doxa) retiendra de Thierry Mariani qu'il fut parmi les premiers à tenter, en toute légalité démocratique, un fichage génétique des comportements sociaux, culturels, migratoires et démographiques, jouissant d'une arme, l'exploration de l'ADN, dont auraient rêvé et dont rêvent tous les totalitarismes. Nous sommes au coeur même des travaux de Michel Foucault sur le bio-pouvoir, et plus encore de la prophétie d'Orwell, ici réalisée, qui conjugue novlangue anesthésiante, fascination technoïde et archivage bureaucratique de l'humain redevenu hominidé.

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mercredi 26 septembre 2007

Très anglophile francophonie


En octobre 2000, le "Protocole de Londres" a scellé un accord entre les pays membres de l'Office Européen des Brevets. Pour faire vite, cet accord supprime l'obligation de traduire en français les brevets européens ; or il se trouve que le gouvernement français, par les voix mêlées de Valérie Pécresse, Hervé Novelli et Jean-Pierre Jouyet, a récemment annoncé son intention de le ratifier. Aux voix de ces trois ministres, joueurs de fluteaux responsables
 de la Recherche, des Entreprises et du Commerce extérieur et des Affaires Européennes, il n'aurait pas été totalement indécent d'adjoindre celle du Secrétaire d'Etat à la Francophonie, l'ancien socialiste Jean-Marie Bockel. Inutile, toutefois : celui-ci est un chaud partisan de l'accord. Aussi le haut responsable francophone qu'il est peut écrire sans le moindre trouble que "le statut du français s'en trouve(ra) clairement renforcé", la novlangue institutionnelle l'autorisant à affirmer que cet accord "permet d'affirmer une francophonie vivante qui (...) porte notre esprit d'entreprendre." (Le Monde, 21 septembre 2007).

Déroutants, imprévisibles, grands farceurs devant l'éternel, les partisans de l'accord argueront du passéisme, de l'archaïsme et autre nostalgisme de ses opposants : c'est qu'ils ont fière allure, ces affairés qui virevoltent sur le vent de l'histoire. Mais j'oublie que ce gouvernement fut ardemment désiré par le peuple, et qu'à ce titre il peut tout se permettre - jusqu'aux plus profondes contradictions : la création d'un ministère de l'Identité nationale d'un côté, la vente à l'encan de la langue française de l'autre. Européen, et anglophile à bien des égards, l'écrivain que je suis continuera donc de voir sa langue se dégrader dans le long processus des incultures et des incuries technocratiques, avec l'enthousiaste soutien de ceux qui ont mené campagne sur le thème de la nation retrouvée.

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jeudi 5 juillet 2007

Pierre Jourde, la fin

Suite et fin de "l'affaire Pierre Jourde" (évoquée sur ce blog le 22 juin dernier), avec la décision du tribunal correctionnel d'Aurillac de finalement condamner les cinq habitants de Lussaud, trois femmes et deux hommes, tous agriculteurs, à deux mois de prison avec sursis et 500 € d'amende pour le plus âgé d'entre eux (72 ans). Ce à quoi il faut ajouter 4 200 € de dommages intérêts pour le préjudice moral, et 2 400 pour le préjudice matériel. Signalons également que le plus âgé des prévenus fut frappé par Pierre Jourde, en effet très largement en état de légitime défense, qu'il passa plusieurs heures dans le coma, que ses blessures nécessiteront dix-neuf point de suture et provoqueront une perte d'acuité visuelle. Rappelons enfin que, initialement, le Parquet avait requis six mois avec sursis contre l'ensemble des prévenus.

D'aucuns se satisferont de cette clémence relative, arguant de l'inévitable exposition de l'écrivain lorsqu'il dresse des portraits peu flatteurs de gens qu'il connaît, qui par ailleurs ne semblaient lui manifester jusqu'alors que de la sympathie, à tout le moins une indifférence bienveillante, et dont on ne peut exiger qu'ils admettent spontanément les lois du genre romanesque. D'autres considèreront au contraire le grotesque de ce jugement, qui dégrade le principe de liberté artistique et romanesque en fait divers, et se seraient sans doute contentés d'une admonestation et d'une bonne frousse au tribunal, leçon de chose à l'appui. Pour ma part, immédiatement, je serais enclin à penser un peu tout cela à la fois : c'est dire mon embarras. Enclin à penser, en effet, que nul ne peut impunément frapper un homme, menacer sa famille et lancer des insultes à caractère raciste à des enfants, et que, en l'espèce, l'art du roman exige de la société et de ses membres qu'ils acceptent de laisser toute sa liberté à l'écrivain ; mais enclin aussi à penser qu'il y a un côté un peu ridicule, de la part dudit écrivain, à ne pas se contenter d'un jugement qui, quoiqu'il en dise, établit une culpabilité - seule chose qu'il soit légitimement en droit d'attendre d'une décision de justice. Car la déclaration de Pierre Jourde à l'issue du jugement, manifestement surpris que soit évoquée une "décision d'apaisement", et considérant que "ce jugement est très indulgent par rapport aux faits", me met mal à l'aise. Je ne me réjouis pas, en effet, d'entendre de la bouche de cet écrivain, toujours partant pour dénoncer les pouvoirs institués et toujours en tête des cortèges qui stigmatisent les puissants, que la justice n'a pas frappé assez lourdement. On aimerait d'ailleurs, au passage, savoir l'idée qu'il se faisait d'un jugement qui lui aurait semblé juste, et quelle décision de justice l'aurait agréé. L'ère de répression tous azimuts que nous traversons nous fait regretter cette confusion, devenue hélas ordinaire, entre l'établissement d'une culpabilité et l'alourdissement exponentiel des sanctions afférentes. Un moraliste se serait pleinement satisfait que la culpabilité soit publiquement reconnue, et aurait tout aussi publiquement demandé que l'on passe l'éponge, gageant que l'attitude du seigneur peut aussi constituer la plus noble et la plus opérationnelle des leçons de civisme.

vendredi 22 juin 2007

Quelques mots sur "l'affaire Pierre Jourde"


727289Je l'ai pas lu encore, mais je ne doute pas un seul instant de la justesse et de l'authentique beauté de Pays perdu, ce roman de Pierre Jourde dont les personnages se sont retournés contre lui au point que la justice d'Aurillac a hier requis contre eux six mois de prison avec sursis. Le livre vient de loin, il s'imposait de toute évidence dans sa biblio-biographie, et je crois, nonobstant la rugosité et l'âpreté coutumières de l'auteur, à l'amour très sincère de Pierre Jourde pour ce village du Cantal où il vécut, et dont il croque sans complaisance les quelques habitants. Lesquels goûtèrent donc assez peu l'hommage qui leur fut ici rendu, et tentèrent de faire à son auteur une tête au carré qui faillit mal tourner. Je précise que j'ai un petit contentieux personnel avec Pierre Jourde et son acolyte Eric Naulleau, lesquels, profitant  naguère d'un portrait au vitriol (nécessairement) très convenu de Bernard-Henri Lévy, écrivirent à mon propos quelques mots très peu aimables dans un livre où il m'érigeaient en "maître du genre hagiographique" et me comparaient à une sorte de Pascal Obispo de la littérature. Ce dont je conclus à l'époque qu'ils connaissaient assurément très bien l'Obispo en question, mais qu'ils ne m'avaient manifestement pas lu. Cela étant, cela me fit sourire et, quoique que je ne goûte guère la compagnie des donneurs de leçons, je ne cultive à leur égard ni rancoeur, ni animosité. D'autant que tous deux occupent dans le paysage une place qui n'est pas vaine, qu'ils ont comme tout un chacun quelques très légitimes motifs de guerroyer contre le système, et surtout qu'ils peuvent se révéler fins stylistes.

La mésaventure de Pierre Jourde avec le petit village de Lussaud intéresse évidemment tout écrivain. Que cela lui arrive à lui, le castagneur émérite, peut certes ne pas surprendre davantage : on ne castagne pas sans chatouiller l'écho frappeur. Qui plus est, on imagine mal un écrivain comme Richard Millet connaître de telles tribulations, lui dont le chant d'amour pour les terres et les hommes du Limousin, chant qui n'exclut pas la crudité ou simplement la distance, ne pourra jamais soulever une telle détestation. Cela tient à un tempérament, bien sûr, mais aussi à une vision de la littérature et à ce qui meut l'écriture. Dire cela ne saurait évidemment être entendu comme une manière sournoise d'excuser la réaction des habitants de Lussaud : je tiens cela pour acquis, comme je tiens pour acquis que n'importe quel auteur doit pouvoir écrire ce que bon lui chante à propos de tout et de tous. Hormis cas extrêmement particuliers, et déjà bien répertoriés, on ne saurait limiter la liberté d'écriture et d'expression sans en bafouer le principe. Mais le plus intéressant, dans cette (petite) affaire, n'est pas tant la réaction de celles et ceux qui ont cru, fût-ce à bon droit, se reconnaître dans des personnages, qu'une façon de prendre ou de ne pas prendre la liberté de tout écrire. Je veux dire par là que tout écrivain sait au plus profond de son for intérieur que son écriture l'expose. On se demande toujours, en écrivant, si telle ou telle appréciation, tel ou tel trait, tel ou tel mot, ne blessera pas quelqu'un, à commencer bien sûr par quelqu'un que l'on pourrait aimer. L'injonction à se débarrasser d'une telle prévention est tout à fait théorique, et je défie quiconque d'écrire innocemment un roman où un père et une mère (par exemple) seraient dépeints comme d'ignobles brutes ignares, sans craindre que ses propres parents ne le prennent pour eux. Entrent ici des facteurs aussi complexes et infinis et entremêlés que la lâcheté, la pudeur, la compassion, l'amour, l'amertume, la vengeance, le regret, le remord, la culpabilité, le masochisme ou le sadisme, le souci de préserver autrui ou de se préserver soi-même. Et pour évoquer un auteur pour lequel j'ai la plus grande admiration, je me dis qu'il ne dut pas être toujours agréable d'être un membre de la famille de François Mauriac, lui qui puisa largement dans sa généalogie pour donner de la société familiale une représentation parfois impitoyable de justesse et de vérité.

Par éthique littéraire ou par nécessité, Pierre Jourde a sans doute fait preuve de courage en se refusant à la complaisance envers des êtres et un village qu'il aime authentiquement. Mais bien davantage encore, il a fait preuve de droiture envers son travail d'écrivain. Or si cela seul importe, c'est plus facile à dire qu'à faire. C'est que nul n'est contraint d'entrer dans les raisons d'un romancier, d'autant que le roman permet de faire ou de défaire des mondes où nul lecteur n'a jamais demandé à entrer. Résignons-nous, pourtant, il y aura d'autres "affaires Jourde", et sans doute de plus en plus nombreuses : les écrivains, habitants des dernières parcelles de liberté spirituelle, sont et seront forcément les cibles d'une société que désertent chaque jour davantage la morale et les exigences de la liberté.