Douleur visionnaire
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Fragments du Journal de Kafka, que j'avais naguère recopiés tels quel.
Nous sommes en 1911, Kafka a vingt-huit ans. Il est persuadé qu'il n'atteindra pas la quarantaine — il ne se trompera que d'un an. Il éprouve une tension dans la partie gauche de son crâne. Voici ce qu'il en dit : « Cela me donne la sensation d'une dissection presque indolore pratiquée sur le corps vivant où le scalpel, qui apporte un peu de fraîcheur, s'arrête souvent et repart ou reste parfois tranquillement posé à plat, continue à disséquer prudemment des membranes minces comme des feuilles, tout près des parties cervicales en plein travail. »
Plus loin, cette vision qui m'a très longtemps poursuivi, parfois a nourri mes rêves et, je crois, une part de mon inspiration : « Sans cesse l'image d'un large couteau de charcutier qui, me prenant de côté, entre promptement en moi avec une régularité mécanique et détache de très minces tranches qui s'envolent, en s'enroulant presque sur elles-mêmes tant le travail est rapide. »