lundi 5 février 2007

Millet dans Chronic'Art

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V
oilà qui s'appelle un entretien décalé : Richard Millet dans Chronic'Art (numéro 32 - février 2007), rien ne pouvait l'augurer. L'intérêt des entretiens est qu'ils obligent peu ou prou à la concision ; l'inconvénient, c'est qu'ils appauvrissent, et qu'alors la concision devient simplification - entendez simplisme. L'équilibre ne peut se faire que si l'interlocuteur possède une maîtrise totale du langage, et surtout si sa pensée vient de tellement loin que la simplification nécessaire ne parviendra jamais à l'assécher tout à fait. C'est, évidemment, le cas avec Richard Millet, l'un de nos plus grands auteurs vivants.

Cet entretien n'ajoute finalement pas grand-chose à ce qu'il écrit ou dit depuis toujours, lui fournissant seulement l'occasion de revenir sur ce qui l'angoisse, le désole ou le hérisse : en gros, le "totalitarisme mou", le politiquement correct, le marasme de la littérature française, "l'abstraction contemporaine", l'aplanissement, l'aplatissement, "l'horizontalité" ou encore la "falsification" du monde, et bien entendu la langue, ce qu'elle charrie et ce qu'une civilisation perd à la déconsidérer ("On m'a reproché d'être passéiste. Moi, je pense que quand vous avez affaire à une langue, autant l'employer dans tous ses états").

Le plus intéressant peut-être est lorsqu'il évoque la crise qu'il traverse, crise d'auteur, où il s'agit "d'en finir avec ce qu'on est soi-même". Mécaniquement, cela pose ou repose la question du silence, qui lui inspire cette réflexion moins désabusée qu'il y paraît sans doute, et derrière laquelle s'échafaude peut-être l'oeuvre à venir : "Un écrivain qui ne risque pas le silence, pour moi, n'est pas un écrivain".
Enfin, chez ce chrétien marqué par Bataille et Blanchot, la question du sens, donc de la mort, donc du "nihilisme", apparaît sous un jour peut-être un peu nouveau. Résultat, sans doute, de l'accumulation des désenchantements, dont il faut bien reconnaître qu'aucune actualité ni aucun futur n'est en mesure d'esquisser l'apaisement. t

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mardi 9 janvier 2007

Coma - Billet bref sur Pierre Guyotat

Pierre_Guyotat___ComaSans doute en raison d'une certaine forme de paresse autant que par désir de ne pas me laisser influencer, j'ai souvent tendance à lire les livres avec un peu de décalage dans le temps. Ainsi de Coma, de Pierre Guyotat, auteur dont on sait qu'il occupe une place singulière dans le paysage littéraire, et qui jouit conséquemment d'autant de lecteurs inconditionnels que de détracteurs farouches.

Or je suis sans doute en train de passer à côté de ce texte. Je sens bien que cette écriture, dont Jacques Henric a raison de dire qu'elle "bouleverse la logique linéaire du temps", impose sa nécessité et incarne une vision toujours plus poétique du réel. Et j'envie parfois la qualité, crue mais toujours sensible, de ses visions. Reste que je passe à côté, que je trouve
bancale la narration de son moi, qu'elle m'apparaît parfois alambiquée, ou maladroite, parfois enflée ou surdimensionnée - mais peut-être m'est-elle simplement inaccessible. Surtout, surtout, je m'ennuie. Et je le dis avec d'autant plus de réticence que Coma est le récit écorché d'une existence à propos de laquelle on ne se sent guère autorisé à pérorer ou à émettre quelque jugement esthétique. Mais vous connaissez l'ennui, terrible, tyrannique, unilatéral, s'imposant sans l'ombre d'une nuance et vous étreignant malgré toutes vos préventions. Si bien que je rate ce livre car je le lis comme mû par le sens du devoir, et plus encore du respect dû à un texte qui s'acharne sur l'effarement et le traumatisme d'un être devant le monde : on ne peut lire avec quelque profondeur dans de telles dispositions.

Alors je note, ici ou là, certains effarements, certaines lucidités, certaines fulgurances, tous traits dont j'aurais aimé qu'ils fussent miens : "Voir le monde comme le voient en même temps la taupe - qui voit si peu -, l'araignée d'eau, l'aigle ; ressentir le monde comme le ressentent l'acarien du tapis, le crabe ou la baleine ; comme la mouette en plein froid posée sur la couronne de la statue du roi, qui s'y réchauffe en déféquant".

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jeudi 21 décembre 2006

Esquisse de Berthet

Frédéric Berthet - Simple journée d'été

On parle beaucoup du Journal de Trêve de Frédéric Berthet (Gallimard), et il semble qu'il y ait de fort bonnes raisons à cela - je ne l'ai pas encore lu mais compte bien le faire. Il ne faudrait juste pas que cela dissuade de lire Simple journée d'été, nouvelles que réédite parallèlement Denoël, et qui sont autant de petites perles libres, sensibles et impertinentes.

Ces extraits de Traité d'illégitime défense, autour de laquelle pourrait s'organiser et se nourrir le recueil : 

- Si, à votre naissance, une femme se mêle de vouloir vous susprendre la tête en bas, en vous tenant par les pieds, poussez un cri de protestation. Vous avez alors la peau de couleur grise : c'est de colère. Vingt ans après, retrouvez cette femme et faites-lui subir le même sort.

- Désormais, lorsque vos parents vous trouvent l'air "présentable", demandez  : à qui ? Ne vous laissez plus avoir. Exigez des noms.

- Soyez supérieur aux études supérieures. Restez spécialiste en matins d'automne, en odeurs de feuilles brûlées. Sachez reconnaître les feuilles qu'on brûle. Soyez docteur ès crépuscules, master of équipées nocturnes, professionnel du point de vue des galops du printemps.

J'y reviendrai, plus longuement.

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mardi 28 novembre 2006

Orgueil et prétention : nuance

Andr__Gorz___Lettre___DIl est difficile de critiquer le petit livre d'André Gorz, Lettre à D. - Histoire d'un amour : c'est authentique, touchant, nécessaire. Et que peut rêver de mieux celle qui, à quatre-vingt deux ans, en est la destinataire ? Combien l'auteur a-t-il dû mettre de lui-même dans ce livre ? dans chaque mot de ce livre ? combien d'images, de visions, d'émois, a-t-il dû faire revenir à lui pour l'écrire sans avoir le sentiment de se trahir ou de trahir une histoire ? Décemment, non, on ne peut critiquer le récit d'une existence tout entière tournée vers l'être aimée. Pourtant, je peux, ou veux, le dire : je ferai(s) mieux - ce n'est pas prétention d'écrivain, simple orgueil d'amoureux.

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lundi 20 novembre 2006

Ronchonnez, ronchonnez...

 

Jean Clair - Journal atrabilaire

A ronchonner avec sans doute un peu trop d'assiduité, il était prévisible qu'un esprit très facétieux dégote à mon usage plus ronchon que moi, m'obligeant de facto à de fort déprimantes comparaisons. Ma femme ne s'y est pas trompée - elle qui sait se révéler progressiste là où je l'attends conservatrice, et inversement réciproque : est-ce par esprit de malice ou au contraire par clin d'oeil complice, je l'ignore, toujours est-il qu'elle me flanqua donc entre les mains le Journal atrabilaire de Jean Clair.

Je pourrais certes me réjouir de trouver en ce clerc plus neo-réac que moi - mais à ce jeu-là, on est toujours gagnant. La réjouissance en effet s'arrête là si l'on considère l'objet présent comme une sorte de miroir, fût-il un tout petit peu déformant. Car les mauvaises humeurs de Jean Clair font souvent mouche, et l'on peut bien dans sa bile retrouver un peu de la sienne. Ainsi de ses quelques formules féroces sur les lubies contemporaines, dès lors notamment qu'elles s'enorgueillissent de transformer en art toute pratique quotidienne finalement plus proches du penchant instinctuel de l'animal que du geste sacré de l'artiste, ou qu'elles mettent en pièce les boniments institutionnels en matière de "politique culturelle" ; ou encore, parce que cela englobe peut-être tout cela, lorsqu'il s'agit de regretter la mort du silence.

La très profonde mélancolie de Jean Clair n'est pourtant jamais aussi juste que lorsqu'elle s'attache à sa propre pierre, et, comme dirait l'autre, quand le coeur est mis à nu. L'humilité n'étant qu'une vertu relative du personnage, à tout le moins très subsidiaire, la justesse de son observation n'est jamais aussi grande que lorsqu'il en revient à lui-même. Alors parvient-il à ravaler un peu de son orgueil et de sa foncière misanthropie, pour finalement épurer un propos qui devient assez peu discutable. Ainsi de la misère (qu'il a connue) et dont il dit, dans un geste assez désarmant, qu'on ne peut au fond rien en dire : "Elle laisse sans voix. Il faut passer outre, se taire, faire comme si ça n'avait pas lieu. On revient de la misère comme on revient de la guerre, absent, mutique : ceux qui sont allés au front ou dans les camps ne parlent pas. Ou bien longtemps après, quand la douleur s'est dissipée, laisse-t-elle enfin passer, non ce qu'elle a été, mais le souvenir confus de ce qu'elle fut. C'est le moment où l'on ne se souvient même plus que l'on ne se souvient plus. Je n'ai jamais été tout à fait rassuré". Sans doute pourra-t-on lui objecter que Primo Levi entreprend d'écrire Si c'est un homme au sortir de la guerre, en 1947, mais nous accepterons de considérer ici l'exception.

Le problème est que ce Jean Clair-là n'est à sa verve humorale et générale qu'une saillie ensoleillée. Le propos se parsème ici ou là d'une telle aigreur qu'il m'est, à moi, difficile de le suivre sur la longueur. Difficile par exemple de le suivre quand il décrit ces intermittents du spectacle, "mangeant beaucoup , buvant sec et parlant haut", qui plus est rejoints par "quelques gros bras de Marseille", dont le tort ultime est finalement d'interrompre une représentation que l'on veut bien croire divine du Pierrot Lunaire de Schoenberg. Ou quand, dans une suite qu'il aimerait logique, il assène : "Arrière-grand père paysan. Grand-père instituteur. Père professeur. Exemple bien connu d'ascension sociale. Mais le fils ? Il deviendra musicien Pop, Rock ou DeeJee". Ou encore quand il s'en prend à ces "jeunes filles, soumises à l'emprise de l'interruption de grossesse et au déni de la maternité" qui "exhibent avec tant d'indifférence ou de passivité leur ventre lisse et leur nombril", et ainsi mettent "en avant, invisible mais d'autant plus présent, le lien ombilical qui les rattache, lors même que les notions de descendance et de transmission ont été effacées, à la mère dont elles sont nées". Pitoyable et manifeste décadence qui l'autorise à cette conclusion : "Pendant ce temps, furtives et balancées, couvertes de voiles aux profonds coloris, glissent ces femmes qui témoignent contre nous de cette discrétion du corps, de cette élégance et de ce maintien qui furent les signes extérieurs de notre culture et les garants de sa pérennité".  Le lecteur est à tout le moins autorisé à douter que celles qui ont pu s'émanciper de leurs parents et/ou de leurs grands frères et/ou de quelques-uns des dogmes les plus discutables de leur religion, apprécieront comme il se doit et à leur juste valeur la touchante nostalgie de l'auteur et son si poignant lamento...

On ne peut donc impunément lire Jean Clair ; c'est d'ailleurs assez stimulant, drôle parfois, presque gai, tant il excelle au combat. Mais il faut le lire en jouant le jeu, c'est-à-dire avec un minimum d'empathie ; faute de quoi, de colère on refermera le livre - et ce serait dommage. Non, comme pourrait le penser tel militant un peu sot, car il faut toujours connaître l'ennemi afin de mieux le combattre, mais parce que ce qu'il écrit, et vit, est aussi une réponse disponible au monde tel qu'il va, et tel qu'il suscite cette réponse. Je sais gré à ma femme, donc, d'avoir fait de moi un progressiste bon teint par réaction - tout en lui suggérant, la prochaine fois et de préférence, de m'offrir un bon vieux Régis Debray, lequel sait laisser affleurer l'écrivain et le romancier en lui, au point de pouvoir m'embarquer dans sa colère sans me donner l'envie du pugilat - et même, parfois, en emportant ma conviction.

Jean Clair, Journal atrabilaire - Editions Gallimard / Collection L'un et l'autre


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jeudi 16 novembre 2006

Ecrire sous la clôture

Yves_Bonnefoy___Dans_un_d_bris_de_miroirYves Bonnefoy évoque, dans un livre de souvenirs récemment paru chez Galilée (Dans un débris de miroir), quelques figures qu'il a connues et aimées. Ainsi de ses quelques rencontres avec Borges, dont il est facile en effet d'imaginer qu'elles purent être marquantes. Borges a cette réputation d'homme "que l'on a dit souvent sans capacité d'amour" alors que, comme l'écrit Yves Bonnefoy, il était "ravagé par la pensée que du simple fait d'être soi on pouvait causer un tort irréparable à bien d'autres". Et il a ce mot, qui semble vouloir résumer Borges mais qui pourrait bien toucher du doigt ce que peut parfois éprouver tout écrivain, même mineur : "Il considérait l'écriture comme une clôture de la personne sur soi, c'est-à-dire comme le meurtre d'autrui".

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Condition de l'écrivain


Albert Camus à nouveau :
La noblesse du métier d'écrivain est dans la résistance à l'oppression, donc au consentement à la solitude.

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mardi 14 novembre 2006

Sensuel Stendhal

Très joli, ce trait, au chapitre VII du Rouge et le Noir : Comme il faisait chaud, son bras était tout à fait nu sous son châle, et le mouvement de Julien, en portant la main à ses lèvres, l'avait entièrement découvert. Au bout de quelques instants, elle se gronda elle-même, il lui sembla qu'elle n'avait pas été assez rapidement indignée.

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lundi 6 novembre 2006

Je ne lirai pas le Journal


Jacques_Brenner


Fût-il merveilleusement écrit (ce qu'à ce jour on ne sait toujours pas), je ne lirai pas les 750 pages de La cuisine des Prix, le tome V du Journal de Jacques Brenner, très opportunément annoncé quarante-huit heures avant l'attribution du Prix Goncourt. Non que je sois indifférent à la "vie littéraire" : il peut m'arriver de la trouver romanesque. Mais je me moque de pouvoir vérifier par la bande ce que chacun sait depuis 104 ans, quand fut décerné le premier Goncourt (à un certain John-Antoine Nau
). Je conçois l'amusement - ou l'agacement, selon le sort qui nous y est réservé - que peut susciter ce livre et les "révélations" qu'il est censé contenir - en gros que Jacques Brenner nourrit un amour sans os pour les chiens et que, Angelo Rinaldi ayant très envie, mais vraiment très envie, de faire plaisir à Jacques Brenner, il se met en quatre (ou disons à quatre pattes, ce sera plus drôle en la circonstance) pour lui en offrir un. Il est utile, même très utile, de connaître les arcanes de la vie littéraire, et je suis le premier à me réjouir que la France comptât en cette matière quelques incontestables spécialistes et praticiens - de véritables entomologistes, en vérité. Mais voilà, je ne suis pas convaincu que, de tout cela, la littérature sorte confortée - ni surtout que le but ait été de la conforter.

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samedi 7 octobre 2006

Les femmes de Richard Millet

513078Dans une librairie, deux femmes conversent. Elles semblent avoir autour de la quarantaine, mais une quarantaine qui tire vers le haut, qui aspire à mieux - qui aspire, déjà, et maintenant que l'héritage du petit est assuré, aux joies de la grand-maternité. Tandis que l'une, de sa main droite, remet en place un chignon très seizième (arrondissement), l'autre, de la gauche, désigne le dernier livre de Richard Millet. Elle le fait un peu à la manière d'un Nicolas Sarkozy évoquant ces jours-ci les “malheureux” cantonnés dans un gymnase à Cachan, c'est-à-dire en un égal mélange de commisération chrétienne et de mépris dégoûté. Mais voyez plutôt.

- Ma chère, vous ai-je parlé de cette horreur ?!
- Pensez-vous... figurez-vous que je l'ai lu, enfin du moins ai-je essayé.
- Ah, nous sommes donc bien d'accord ! Quel tissu de...
- Ah oui, comme vous dites...
- D'insanités. Quel mépris pour les femmes ! Non mais pour qui il se prend ? Et puis c'est qui, d'abord, ce Millet ? Jamais entendu parler. Passez-moi l'expression, mais y'en a vraiment qui pètent plus haut que leur cul...
- Christelle ! Non, mais tu t'entends... on pourrait t'entendre...
- Ecoutez, Mylène, c'est vrai, quoi, qu'est-ce qu'il connaît au plaisir des femmes celui-là ? Je trouve ça dégoûtant, tout ce qu'il raconte, et cette manière de séduire cette pauvre enfant, vraiment c'est pas joli joli...
- Vous  savez ce que je crois, moi... Je crois que c'est un pervers, ce Millet, un satyre...
- Ah ! vous ne croyez pas si bien dire... Moi je dirai même que c'est une espèce de vieux pédophile refoulé... Et comme par hasard, bien sûr, on ne connaît pas l'âge de la petite... Une adolescente, tout juste une adolescente, voilà ce qu'il avait en tête, en fait. Tous pareils.
- De toute façon, vous voulez que je vous dise ? Moi, je n'y ai rien compris à ce livre. Non mais c'est vrai, il pourrait faire des phrases plus courtes, ma chérie, vous n'êtes pas d'accord ?
- Oh, mais vous ne comprenez pas ? C'est très chic de faire des phrases longues, très chic. Non seulement il manipule notre sexe mais, en plus, il nous embrouille avec ses phrases qui n'ont ni queue, ni tête.
- Quand je pense, mais quand je pense, Christelle, qu'on a parlé de lui pour le Goncourt... Non mais où va-t-on, je vous le demande !
- Oui, c'est bien triste... Au moins, Christine Angot, elle, c'est du vécu.

Ici, la belle Mylène saisit la belle Christelle par le bras et s'approche de son oreille en jetant de troubles regards autour d'elle.

- Vous voulez que je vous dise ? J'en fais sa pub, à l'Angot. J'ai même écrit à quelques amis très haut placés... pour le Goncourt, voyez...
- Quelle bonne initiative vous avez eu là ! Elle, elle le mérite, depuis le temps qu'on entend parler d'elle...
- Quand même, qu'est-ce que ça vieillit mal, un homme...

Le reste se perd en considérations sur les hommes et les femmes :  je n'ai pas ici le coeur à les rapporter.

Le livre de Richard Millet, Dévorations, est paru aux éditions Gallimard. Il est peut-être le roman français contemporain le plus beau, le plus  juste  et le plus magnifiquement écrit que j'aie lu depuis longtemps. À lui, le Goncourt irait très bien.

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