Pangram
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J'ai donc voulu tester ce fameux outil, « Pangram », ce commissaire littéraire (et politique ?) dont on nous vante l'expertise et la fiabilité. Craignant pour mon amour-propre (et ma réputation !), j'ai commencé par lui donner à lire les premières pages de trois des auteurs avec lesquels je travaille aux Éditions du Sonneur. Résultat : l'un est écrit à 91 % par l'IA, le deuxième à 95 %, le troisième à 53 %. J'aurais pu arrêter là le test, tant il était concluant : connaissant ces auteurs, sachant le travail qu'ils avaient fourni et celui que, moi-même, j'avais pu produire, voilà qui suffisait très amplement à invalider le triomphe du robot démoniaque.
Rassemblant tout ce qu'il me reste de courage, j'ai ensuite voulu affronter la bête moi-même — et à mains nues, s'il vous plait. Je lui ai donc donné à lire les premières pages de deux de mes livres, très anciens, l'un datant de 2006, l'autre de 2009 — donc à une époque où l’intelligence artificielle n’avait pas encore quitté les romans de science-fiction pour venir s’occuper des miens. Et là, que constaté-je, qu'apprends-je et qu'ouïe-je ? Qu'ils sont écrits respectivement à 54 % et 66 % par une IA... qui n’existait pas encore. Me voilà donc soupçonné d’avoir utilisé, il y a vingt ans, une technologie qui n’avait pas encore été inventée. Il est vrai que j'ai toujours eu beaucoup d'avance sur mon temps.
NB : Je dois toutefois faire ici mon autocritique, comme aux temps glorieux où des humains traquaient les « déviations » de leurs congénères : l'image d'illustration de ce texte trop humain a bel et bien été créée par IA.