Francis Marmande est mort
J’apprends avec tristesse la mort de Francis Marmande, penseur et écrivain exigeant, volontiers rebelle, toujours singulier, et d’une liberté de ton et d’esprit que l'on ne rencontre que rarement. Je me souviens très précisément encore de ma lecture, au milieu des années 1990, de « La perfection du bonheur », de son éloquence, de sa tonalité féroce, presque colérique, mais obstinément érudite et élégante. Ma culture et, si je puis dire, ma « pensée » du jazz, lui doivent beaucoup, c'est lui d'abord, c'est lui surtout que j'écoutais et lisais (et j’étais heureux, incidemment, qu’il soit resté jusqu’au bout l’un des admirateurs et des commentateurs les plus pénétrants du travail de Keith Jarrett). C'est devant un grand bonhomme libre et passionné que je m'incline ce soir.