Variante :...
... ce n'est pas parce que j'écris de mauvais livres qu'ils doivent avoir du succès.
... ce n'est pas parce que j'écris de mauvais livres qu'ils doivent avoir du succès.
Toujours à explorer ces vieux journaux que je destine au feu. Dans celui-ci, je trouve cette note qui me rappelle à quel point l'on change peu : Je me sens déjà vieux, à vingt-neuf ans, et si peu différent, pourtant, de ce que je fus.
Deux sortes de dépressifs : ceux que le réflexe de survie ramène sur le sable sec de l'ironie, et ceux qui se laissent dériver sur l'onde, cramponnés seulement à la bouée de leur lâcheté.
Ne renions pas notre jeunesse. Servons-nous en pour excuser ce que nous sommes.
Désolation paradoxale de l'écrivain : être aimé davantage pour ce qu'il écrit que pour ce qu'il est.
Ne jamais chercher à être soi, et se défaire de l'idée d'y parvenir. Ne serait-ce que parce que nul ne sait ce que pourrait être un soi pur, et que le désir même de se trouver altère notre quête. Mais surtout parce que si chacun était soi, alors la surface de la terre ne serait plus que cadavres.
Au train où vont les choses, comme voulez-vous qu'on n'ait pas un métro de retard ?
Nous sommes des ânes qu'un peu de foin réjouit : j'avais retenu ce mot d'une ancienne lecture de Christian Bobin. Sans doute parce que, pour une fois, il ne nous cherchait pas d'excuse.
La dépression est un habit un peu trop ample dont on peut parfois aimer à s'envelopper : les vents contraires peuvent y circuler à leur aise.
Le chagrin n'empêche pas de vivre. Il vous rend juste invivable — ce qui, en effet, peut empêcher de vivre.