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Marc Villemain
17 décembre 2007

Du rétrécissement de l'idée de justice et de son application au pays des droits de l'homme

 

D'un côté, Jean-Marc Rouillan, ancien leader d'Action Directe, est placé en semi-liberté après plus de vingt années d'incarcération : en attendant mieux, c'est tout de même la preuve que le droit est encore applicable et que Nicolas Sarkozy n'est pas (encore) tout à fait maître en son royaume. De l'autre, le gouvernement et la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et la Toxicomanie (MILDT) coupent les vivres de l'Observatoire International des Prisons, et c'est une nouvelle démonstration de son désir d'en finir, avec le droit précisément, mais aussi avec tout ce qui pourrait jeter un discrédit sur ce qui relève de son autorité : la dignité des hommes, fussent-ils des détenus. Sur ce point, le nouveau rapport du Comité de prévention de la torture du Conseil de l'Europe, dans sa partie qu'il consacre aux prisons françaises, est d'ailleurs très encourageant... Toutefois, rassurons-nous : Rachida Dati veille sur l'indépendance de la Justice tandis que Yama Rade et Bernard Kouchner s'assurent que les droits de l'homme soient effectifs partout et pour tous.

4 décembre 2006

Le petit meccano

 

Je  devais avoir une petite dizaine d'années lorsque je me fis mes premières réflexions politiques. Je m'en souviens, parce que j'aimais consulter le grand Atlas du monde, où je découvris, stupéfait et un tantinet défait, la petitesse physique de la France — dont je pensais évidemment qu'elle qui menait la danse planétaire. Je ne sais plus, en revanche, à quelle exacte occasion je me suis formulé cette réflexion plus concrète, à savoir : comment faire pour que la société fonctionne ? Mon premier mouvement, quasi instinctif, fut non seulement légaliste, mais systémiste. Je me disais, en gros, que si chaque individu adoptait un comportement qui fût à la fois responsable et moralement inattaquable, que si chacun y mettait un peu du sien (ne pas gaspiller de nourriture, aider les anciens à traverser sur les clous, tendre la main aux pauvres et prêter ses jouets au voisin, donner à tous un frigidaire (garni) et un radiateur, bien travailler à l'école et bien se tenir à la messe, respecter la loi), alors la société pourrait adopter son régime de croisière et entrer dans un mouvement de félicité continue. En fait, je regardais la société comme un jeu de meccano. Si j'avais vent par la télévision, la radio ou les discussions familiales, d'un problème quelconque, je me disais que toute solution résidait dans la mise à plat dudit problème : il fallait repartir de zéro, reconstruire brique après brique, pierre après pierre, pièce après pièce. Et j'éprouvais un plaisir assez exaltant à me savoir moi-même rouage parmi les rouages, petite main qui, par son comportement responsable et exemplaire, contribuait à ce que la grande roue continuât de tourner sans à-coups : si, à mon niveau, je mettais un peu de ma propre huile dans mon propre rouage, que je serrais convenablement les boulons (pas trop fort au cas où je sois conduit à les desserrer mais suffisamment tout de même pour que l'ensemble tienne), alors je ne voyais pas ce qui pourrait faire obstruction à la bonne marche du monde.

 

Naturellement, je découvrirai plus tard que ce systémisme-là était une charmante utopie — qui plus est aux fondements sensiblement bourgeois. Le systémisme est bien, pourtant, ce qui semble présider aux réflexions de nos dirigeants, actuels et futurs. Il part du principe que tout se tient, que le battement d'aile du papillon peut en effet faire éternuer un nourrisson allergique à l'autre bout de la planète, que tout problème génère sa solution : que tout, finalement, est une question d'ordre. De la même manière qu'il faut ranger sa chambre et la nettoyer afin d'en éliminer les acariens, la société doit lutter contre ses propres scories, microbes et virus. L'hyper-hygiénisme contemporain, qui procède de cette vision du monde, ne postule pas autre chose : en éliminant la misère, nous éradiquons la violence ; en éliminant les différences, nous éradiquons les sources de conflit ; en remplissant les prisons, nous éradiquons les incivilités ; en éliminant les fumeurs, nous éradiquons le cancer ; en éradiquant le cancer, nous résolvons les problèmes de santé publique ; en résolvant les problèmes de santé publique, nous rebouchons le trou de la Sécu ; en rebouchant le trou de la Sécu, nous stimulons la machine économique ; en stimulant la machine économique, nous faisons le bonheur de tous ; etc... Ces vieilles croyances, nourries au biberon d'un scientisme mâtiné d'essentialisme et de progressisme, n'en finissent pas de conduire à l'échec : sans aller jusqu'à écrire (confesser ?) que c'était mieux hier, on ne peut décemment écrire que c'est mieux aujourd'hui. Finalement, il semble impossible que nous nous défassions de cette vision du monde : ce serait reconnaître que l'action des hommes est nulle et non avenue — et parfois même contre-productive ou désastreuse. En effet, ce serait insupportable.

 

7 février 2007

Du début à la fin, et nous au milieu


Plus nous en savons du monde, moins nous le connaissons. L'assertion est rude, l'impression plus forte que jamais. Mieux nous sommes informés, plus opaque nous apparaît le sens de l'aventure humaine. Chaque jour nous lisons et détruisons la presse de la veille : l'ennui n'est pas que nous oublions ce que l'on y a appris, mais qu'aucun esprit humain n'est en capacité de mettre autant d'informations en correspondance. L'intelligence du monde nous échappait hier par défaut de connaissances, elle nous fuit désormais par trop-plein d'informations. Dans les deux cas, c'est l'action même des hommes qui en pâtit : au mieux assez vaine, au pire catastrophique. De ce hiatus, je ne sors pas. Il y a des êtres qui ont vu la naissance du monde, qui ont appris à le créer, et d'autres qui en verront la fin — sans doute dans de grandes souffrances. Nous, nous sommes entre les deux. C'est une très longue période, celle de l'histoire de l'humanité. Mais nul ne peut douter que cette histoire est bornée.

18 septembre 2008

Exquise esquive


Plus jeune, il nous semblerait intolérable, même scandaleux, d'être pascalien : nous voulons croire que nous agissons selon la morale et que nos actes dessinent une destinée. Une fois qu'on a compris que l'affairement et le remuement obéissent davantage à un désir d'esquive qu'à une intention singulière, l'on peut enfin s'accepter, et regarder l'infini venir.

6 mai 2009

Grand Prix 2009 de la Nouvelle

SGDL

 

 

 

 

Et que morts s'ensuivent vient de se voir décerner, par la Société des Gens De Lettres (site), le Grand Prix 2009 de la Nouvelle.

Comme qui dirait une bonne nouvelle.

6 juin 2023

Il faut croire au printemps - Coup de ♥️ de Nicolas Carreau, Europe 1

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Merci à Nicolas Carreau qui, sur Europe 1, a fait de Il faut croire au printemps sa « prescription culture ». Cliquer ici pour visionner la séquence.

 

15 avril 2019

Mado sur France Bleu RCFM - Haute-Corse

 

 

Samedi 13 avril dernier, Mado avait  les honneurs de l'émission DES LIVRES ET DÉLIRE, sur France Bleu RCFM, animée par Marie Bronzini, autour de Bénédicte Giusti-Savelli et Christophe Laurent. 

On peut l'écouter directement ici ou la télécharger en podcast.

26 février 2009

Les 7 mains à l'assaut du Monde

 

Par ailleurs, plaisir de découvrir que Le Monde, qui n'est pas un journal de référence pour rien., invite ses abonnés à tendre leur propres mains aux 7 autres...

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20 juillet 2008

Je suis marmando-jarrettien

 

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Billet de Francis Marmande dans Le Monde, comme toujours excellent, loin des poncifs sur les humeurs du musicien : Voir tous les ans Keith Jarrett pour savoir où en est la planète. Histoire de revenir à la musique — et d'oublier les ambiances.

 

25 juin 2009

Et que morts s'ensuivent : Le Courrier de l'Ouest


Article de Jean-Paul Guéry paru dans l'édition du 23 juin 2009 du Courrier de l'Ouest 

 

 

 

12 février 2009

Et que mort s'ensuivent

 

 

 

 

Il est depuis aujourd'hui en librairie.
Je le laisse désormais mener sa barque : bon vent  !

 



Et que morts s'ensuivent - Éditions du Seuil - 
Attachée de presse : gghislain@seuil.com

 

2 octobre 2014

« Ils marchent le regard fier » de passage à Strasbourg

 

Le lecteur trouvera ici un bref extrait vidéo de mon passage, le 26 septembre dernier, à la librairie Ehrengarth de Strasbourg, dans le cadre des « Bibliothèques idéales ».

 

Je remercie Cathy Michel, Dominique Ehrengarth et Hervé Weill de leur sens de l'hospitalité et de leur bienveillance.

 

12 mai 2015

Rencontre - Lectures vagabondes

 

Pour ceux, les chanceux, qui habiteraient cette si belle région ensoleillée...
À l'invitation de l'association Lectures vagabondes (Lamalou-les-Bains, Hérault).

 

7 janvier 2008

L'évolution

 

 

Les évolutionnistes consacrent le triomphe de l'évaluationnisme. Mais quand et par qui les évaluateurs seront-ils évalués ?

25 mars 2009

Signature à l'Écume des Pages

 

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Signature et rencontre avec les lecteurs, demain jeudi 26 mars entre 18 et 20 heures, à L'écume des Pages - 174, boulevard Saint-Germain Paris VI.

 

8 mars 2009

Et que mort s'ensuivent : Gerald Messadié dans Le Magazine des Livres

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Gérald Messadié, dans la dernière livraison du Magazine des Livres, s'attaque donc à Et que morts s'ensuivent. Il y a trouvé, dit-il, un poison fatal.

Pour lire l'article, cliquer sur MESSADIE (fichier format pdf).

10 novembre 2006

Chet, demain

 

 

Entendre Chet Baker entonner I Fall In Love Too Easily — et songer à ce qu'il nous restera, un jour, plus tard, demain, quand tout sera fini.

21 novembre 2006

Si gênant gène...

 

 

Je ne l'ai pas inventé, ce panonceau rencontré sur mon chemin : Nous vous prions de nous excuser pour le gène occasionné. Problème d'éthique chez les entrepreneurs de travaux publics ?

12 novembre 2017

France Inter - La personnalité de la semaine

 

J'étais ce dimanche l'invité de Patricia Martin, sur France Inter, pour évoquer la parution de Il y avait des rivières infranchissables.

 

 Pour (ré)écouter l'émission, cliquer sur l'image

Patricia Martin France Inter

27 septembre 2006

Et je dirai au monde toute la haine qu'il m'inspire

 

Maren Sell éditeurs - Janvier 2006

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27 septembre 2006

L'esprit clerc - Emiles Combes ou le chemin de croix du diable

L'esprit clerc - Émile Combes ou le chemin de croix du diable
Fondation Jean-Jaurès - 1999

L'esprit clerc

 

21 mai 2008

Plaisirs de la coquille

 

 

Titre d'une dépêche AFP parue ce jour :
 

Coup dur pour l'État avec l'arrestation à Bordeaux de son chef présumé

 

Sur l'instant je pris peur (quoique...) : j'ai cru que Nicolas Sarkozy avait été appréhendé. Il ne s'agissait que du chef de l'ETA.

3 avril 2007

Vol en vol

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Rien de plus joli que ces moineaux qui, tournant la tête aux pigeons un peu trop bien nourris du jardin du Luxembourg, saisissent en l'air et dans leur vol la mie que je leur jette.

 

20 avril 2009

J.G. Ballard est mort

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15 octobre 2024

Ostinato : Le Canard enchaîné - Jean-Luc Porquet

 

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